Mais c'est où le Cap Vert d'abord ??



9 Décembre 2002 - Départ prévu début février 2003

Autant la navigation vers Santa Lucia laissait un peu à désirer, autant celle pour Mindelo fut extra ! M. Stephens peut être fier de son bateau.
Après une semaine à jouer les Robinson Crusoé sur son île déserte, nous nous préparons à lever l'ancre un peu inquiets de la force du vent. Il souffle déjà force 6-7 au sud de l'île, qu'est-ce que ça va être dans le canal entre Santa Lucia et Sao Vicente ? Il est prévu avec Jazz et Pearl Seeker, un voilier anglais arrivé il y a deux jours, que nous reviendrons nous mettre à l'abri si en passant le cap, le vent forcit trop. Les ancres sont levées, et nous nous mettons en route vers l'ouest. En une vingtaine de minutes, nous atteingnons le cap qui marque l'entrée dans le canal, le vent semble y rester constant. Super, on continue !
Askoy remonte au près merveilleusement bien. Sous génois seul, il taille la route, creusant peu à peu la distance avec les autres. Ludo jubile. Il se prend une vague en pleine figure. Trempé de la tête aux pieds, il mène son bateau le sourire jusqu'aux oreilles. C'est exactement pour ça qu'askoy a été conçu, et ça se voit !
Nous arrivons à Mindelo en 4 heures avec la double satisfaction d'arriver dans un nouvel endroit, et d'avoir fait une belle navigation.


Nous voici donc dans une grande ville pour la première fois en 8 mois. Le front de mer et les quartiers alentours datent de l'époque coloniale et sont très bien entretenus. De vieux immeubles colorés longent une multitude de petites rues pavées et toujours animées (sauf le dimanche). Nous allons souvent prendre un verre au "Café Royal" l'un des plus anciens bars de Mindelo resté intact depuis des dizaines d'années. Même les vieux rideaux semblent être d'époque... Près du bruyant marché aux poissons, dans des grandes bassines, des femmes proposent fruits, légumes, ou poisson. Des africains exposent sur un panneau des objets en tous genres allant de la barette à cheveux à la mini-radio. L'ambiance est bon enfant, les gens chaleureux. La fraîcheur des produits nous ravit. Le premier achat que nous faisons : deux steaks et de la laitue ! Nous n'en avions pas vu depuis notre arrivée au Cap Vert.

Il y a de tout ici, et ça se ressent bien dans notre budget ! Nous accumulons les dépenses musicales sous forme de sorties dans les bars avec musique "live" et d'achat de cds; gastronomiques dans le magnifique marché couvert et dans les restaurants qui ne payent pas de mine mais où l'on mange toujours bien; pratiques car on peut ici acheter du bois, des pièces pour moteurs, des outils, etc. Quelques bricolages qui attendaient depuis longtemps sont enfin entrepris. Mais pas de panique, rien ne presse, nous avons tellement pris le rythme vacances depuis ces dernières semaines qu'il faut nous ménager. Une chose à la fois, et interdiction de sortir tous les outils des coffres et de faire d'Askoy un atelier de bricolage !
De nombreux bateaux arrivent et repartent. C'est la saison des alizés, la saison pour traverser l'Atlantique. Comme toujours, il y a beaucoup de bateaux français. Nous sortons en bande, chacun faisant découvrir aux autres les bons plans découverts en ville. Les soirées se finissent dans un carré bondé ou l'on joue de la musique en finissant une bouteille de stampirote, la boisson capverdienne à base de rhum qui fait l'unanimité.

AVIS AUX NAVIGATEURS

Ayant souvent entendu parler de Mindelo comme d'une ville dangereuse avec des voleurs qui s'en prennent aux annexes et aux bateaux du mouillage, nous étions un peu sur nos gardes en arrivant. Bonne nouvelle : la réalité est toute autre ! A aucun moment, nous avons été inquiétés, ni pour le bateau, ni pour l'annexe. Il existe un système de gardiennage non-officiel qui fonctionne comme suit :
A votre arrivée, un ou plusieurs capverdiens vous rejoignent en annexe pour vous offrir leurs services, avant même que vous ayez mouillé. La concurrence entre eux est rude, mais cela reste bon esprit. Il n'y a pas de menaces ni d'agressivité de leur part comme on nous l'avait dit. Ce n'est d'ailleurs pas dans leur intérêt ! C'est l'attitude de nouveaux venu sur la défensive qui est parfois à l'origine d'une mauvaise entente, ce qui est par la suite mis sur le compte des locaux. Il s'agit donc de choisir un responsable qui va au minimum surveiller l'annexe quand on est à terre. Cette personne est aussi disponible pour effectuer des travaux en tous genres (nettoyage de la coque, courses, plein d'eau, etc), voire pour dormir à bord la nuit si l'on part visiter Santo Antao qui est à côté (ce qui à notre avis et superflu). Le tout est de se mettre tout de suite d'accord sur un prix. Ca évite les surprises et les malentendus.
Certains navigateurs appellent ça du racket. Ca doit être parce que les gars ne portent pas l'uniforme d'une marina. Il n'ont pas cet aspect officiel auquel beaucoup sont habitués et qui les rassure. Ici, la capitainerie non seulement tolère la présence de ces surveillants, mais apprécie leur travail qui leur rend service en les soulageant d'une surveillance qu'ils n'ont pas le temps ou l'envie de faire. N'oublions pas que ce mouillage sûr et confortable, à l'abri des digues du port est gratuit ! On peut bien dépenser quelques escudos pour aider à vivre une demi-douzaine de personnes en contrepartie, non ?
Pour ce qui est de la sécurité en ville, le seul "danger" qui nous semble réel est de se faire ouvrir le sac à dos par des gamins de la rue. A part ça, c'est comme partout ailleurs.


Sud de la baie de Mindelo - et baie voisine avec plage

Sal - Boa Vista - Sao Nicolau - Santa Lucia - Sao Vicente - Santo Antao

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