Gran Canaria Fuerteventura Lanzarote


TENERIFE :
arrivée le 26 juillet 2001
Départ pour Gomera le 7 septembre 2001

Ca y est, nous avons quitté Las Palmas ! Le cordon ombilical qui, malgré nous, nous reliait à cette ville est enfin coupé...
Depuis quelques temps, il ne se passait pas un jour sans que quelqu'un nous croise et nous dise :"He bien, vous n'êtes toujours pas partis ?" Bah non..., mais la fabrication du mât et tout ce qui a suivi (installation d'un frigo, diverses menuiseries, couture d'un teau de soleil, vidange, etc), il a bien fallu s'en remettre. Et puis il y a les copains avec qui nous voulions faire la fête une dernière fois, ou deux...
La traversée jusqu'à Tenerife a beaucoup plu a Ludo. Moi,... allez, disons que moi aussi, mais je n'étais pas à l'aise car le vent ne cessait de forcir, et connaissant les fameuses zones d'accélération des Canaries, je me demandais jusqu'à combien ça allait monter. Et si mon mal de coeur avait pu rester au port c'aurait été mieux... Pour résumer, nous avons eu jusqu'à 38 noeuds de vent, et une mer qui nous a trempés jusqu'aux os et qui a lavé le pont mieux que nous n'aurions pu le faire à la brosse !
"60 milles aux près, forcément ça mouille un peu !", me dit Ludo après qu'une vague nous a traversés et a rempli la moitié du cockpit. Le bateau aussi était en forme : une moyenne de 6,5 noeuds (une première pour Askoy) avec des pointes à 8 noeuds. En fait, Ludo l'a fait marcher comme jamais il n'aurait osé le faire avec l'ancien mât, et c'était fort joli.



26 Juillet - 6 Septembre 2001

Nous voici à Santa Cruz deTenerife, dans la pas très exotique marina "del Atlantico". Et à peine arrivée, je me pose une question existentielle : pourquoi, où que nous allions, nous n'arrivons pas à nous défaire des ports industriels tels que Le Havre ? Au sud de la marina, il y a les ferrys et le dépot de containers en perpétuelle activité. Au nord, séparé de notre ponton par un parking de bus (super), il y a le bassin des bateaux de croisière dont les gaz d'échappement ne nous échappent pas ...
Les douches sont un peu limite, surtout chez les hommes (comme d'hab), par contre, il y a des grosses machines à laver pas chères. Ca, j'aime !
Heureusement, le centre ville est tout près, et assez réussi. Les rues piétonnes sont nombreuses et bordées de magasins qui n'ont rien à envier à ceux de Paris, de restaus pour tous les goûts, et d'arbres très bienvenus car il fait chaud !
Ici, contrairement à Las Palmas il y a une réelle volonté de conserver les vieux immeubles et maisons. L'ambiance y gagne énormément !
En se promenant vers le Sud de la ville, nous sommes tombés sur le très impressionnant auditorium en construction. Il fera un très bon amer pour les navigateurs qui arrivent au port. Un peu plus loin, il y a le "Parc aquatique Manrique". Ce parc doit remplacer la plage que n'a pas la ville, et c'est très réussi. Trois piscines d'eau de mer immenses, turquoises, avec cascades et îlots de pierre de lave. Premiers coups de soleils de la saison...
Lors d'un de mes safaris photo à travers la ville, j'ai été interpellée par un groupe de locaux face auxquels je prenais une photo d'église. Ca n'a pas raté, ils ont voulu que je les prenne en photo aussi, ce que j'ai fait, d'autant plus qu'avec l'appareil numérique ils pouvaient voir le résultat tout de suite. J'ai été sur le champ invitée à prendre un verre avec eux. Au bout de dix minutes, Roberto avait décidé qu'il se joignait à nous à bord d'Askoy et qu'il serait le cuisinier. Par contre, il me dit qu'il a travaillé en France et qu'il ne s'est pas entendu avec notre cuisine, car, horreur, nous mettons du beurre partout ! Quand je lui ait répondu que nous avons installé un frigo à bord pour avoir du beurre frais (pour Ludo c'était plutôt la bière fraîche), ça l'a lui aussi un peu refroidi... Après une heure à se moquer des canariens de Gran Canaria (il y a comme qui dirait une certaine animosité entre ces deux îles) et à plaisanter, j'ai repris ma ballade en promettant de mettre la photo sur le site, en précisant bien que c'est un portait de Guanches, les habitants d'origine des Canaries. Sinon, on s'est dit que "Déchéance du peuple Guanche" était pas mal comme titre aussi...


Le marché de Santa Cruz, palme d'or à tous niveaux !

Clocher d'une jolie église à côté d'un immeuble typique

Aller, après deux journées d'exploration citadine, il est temps d'élargir nos horizons. Au volant de la rituelle voiture de location, nous partons découvir le reste de l'île. C'est parti !


- VISITE DE TENERIFE -

Haaa, mais c'est beau Tenerife ! Ses montagnes battent celles de Gran Canaria de loin ! Les vues changeantes que nous découvrions à fur et à mesure que nous montions sont imprenables. Bon, nous avons tout de même essayé de les prendre, mais ça ne donnera qu'une idée de ce que nous avions réellement sous les yeux. Le plus impressionnant fut le moment où nous dépassions la couche de nuages qui forme la fameuse "Panza de burro" qui recouvrait déjà Las Palmas. Tout d'un coup de soleil, le ciel bleu, et toujours, les senteurs des pins et des eucalyptus. Ca c'est de la forêt !
Tout en haut, au pied du volcan Teide, il ne faut plus compter sur la moindre herbe, par contre, on y voit des coulées de lave, un désert avec un peu partout des pierres énormes qui ont dû être éjectées lors d'éruptions et qui ont explosé, des reliefs surprenants, et le volcan lui même qui culmine à 3718 mètres. Un téléférique,que nous avons partagé, entre autres, avec un bébé qui avait fait caca dans ses couches et un machiniste qui manifestement avait très chaud, nous emmèna à 200 mètres du sommet d'où l'on peut, moyennant une autorisation obtenue au préalable, finir de monter à pied jusqu'en haut.

 


Paysage désertique au pied du volcan et strates qui montrent bien "qu'il s'est passé des choses ici"...

L'île de La Palma,
vue depuis le somment du Teide


Ca n'a l'air de rien comme ça, 200 mètres. A peine le trajet pour chercher du pain chez le boulanger, n'est-ce pas ? He bien ces 200 mètres-là, j'ai vraiment cru qu'ils allaient m'achever. Je ne pouvais pas franchir 10 mètres sans m'assoir, au bord de l'attaque cardiaque. Et Ludo, qui fume plus d'un paquet de clops par jour attendait patiemment que je le rattrape. C'était énervant. Il doit être plus habitué à manquer d'oxygène que moi...
Le cratère en soi n'a rien d'extraordinaire, large de quelques dizaines de mètres, il est juste plein de pierres plus claires que celles qui ont volé dans les airs et que l'on voit plus bas. Heureusement, une puante odeur de soufre nous rappelait que nous étions sur un volcan, sinon, j'aurais été déçue...
Malgré un peu de brume ce jour-là, la vue à 360 ° était impressionnante, on pouvait voir Gran Canaria, Gomera et notre prochaine escale, La Palma.
Le Nord de l'île, très montagneux est aussi un parc national. Nous l'avons parcouru de long en large et y avons trouvé une végétation qui s'en donne à coeur joie dans une humidité et une température de 17 degrés qui nous ont étonnés sachant qu'un peu plus bas, en ville, il faisait 35 degrés. Le sud de l'île, comme pour Gran Canaria, est très sec et très développé au niveau tourisme. Un tour rapide dans les ports nous a convaincu qu'il y avait mieux à voir.


6-7 Septembre 2001

C'est après une de nos plus belles journées de navigation que nous jetons l'ancre pour la nuit devant cette ville très touristique, ce qui ne nous emballe pas, mais qui offre un bon mouillage confortable dans une eau turquoise où nagent tortues et poissons qu'on imaginerait bien dans notre poële à frire.
Nous avons quitté Santa Cruz avec Sabine, une bateau-stoppeuse que nous emmenions à la Gomera. A peine l'ancre assurée, plouf à l'eau ! Ca y est l'eau est chaude maintenant, et nous commençons à nous baigner à tout moment de la journée et de la nuit ! Ludo se serait bien passé de la musique country qui venant d'un café près de la plage, c'est le défaut de ce site balnéaire qui manque de couleurs locales. Cependant, il a l'air de faire le bonheur de milliers de personnes qui y viennent en vacances tous les ans. Chacun son truc !

Le matin, je me lève pour découvrir le carré vide de Sabine. Le temps que je fasse le café, je vois quelqu'un s'approcher du bateau à la nage. C'est Sabine. Mais qu'est-ce qu'elle a sur la tête ? J'attrappe les jumelles. "Ca alors ! C'est super, des croissants !"
Accroché à ses cheveux par des épingles, le précieux chargement arrive à bord indemne, et c'est une journée qui commence bien !



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