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LA TRAVERSEE CANARIES/CAP VERT : Dans l'après-midi du 9 mai 2002,
nous quittons le sud de Tenerife, derrière "Joline",
un bateau français en bois avec à bord Patrick, Viviane
et leurs deux enfants, partis deux heures avant nous. Nous avions prévu
de faire la traversée ensemble -c'est sympa d'avoir un voilier
à proximité avec qui échanger impressions, infos
diverses, voire poissons ! - mais après quelques échanges
VHF, la nuit est tombée, et avant le matin nous nous sommes
perdus de vue et de portée VHF définitivement, c'était
réussi...
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Avant la tombée de la nuit, nous tentons de mettre
Jojo (le pilote automatique) en place. Rien. Il barre n'importe comment,
comme s'il n'avait pas de boussole. Résultat, nous avons passé
deux jours à nous relayer à la barre (jour et nuit, bien
entendu), cela a été très formateur pour moi, mais
deux jours, ça suffit ! Heureusement, la deuxième tentative
du pilote a été positive (en fait nous avions oublié
de brancher une prise...), et il a barré pratiquement non-stop jusqu'à
l'arrivée à Sal, en dehors de quelques heures un peu houleuses
où la barre était trop dure, à tel point que le
pilote faisait sauter les plombs...
C'est fou comme ça passe vite, une semaine de navigation. Peut-être
parcequ'on rentre dans une routine ; les quarts, les points sur la carte, les
contacts BLU (radio) avec nos anges gardiens de RATM, les repas fréquents,
la lecture et l'abandon pur et simple à l'observation de la mer
se succèdent tous les jours. Seule la météo change,
comme la dernière nuit où nous avons eu du force 7 bon
poids avec une mer peu maniable venant du travers arrière. Bonjour
le roulis ! Ludo s'est pris une vague très mal placée
qui a traversé le cockpit, achevant ainsi de tremper tout ce
qui s'y trouvait déjà bien mouillé, coussins, couette,
et marin. Allez, après les vestes de quart dèjà
de mise, on sort les pantalons de ciré !
Parmis les bons souvernirs, il y a évidemment les dauphins qui
peu nombreux nous ont tout de même rendu visite, et les après
midis où le soleil sortait, la mer un peu calmée nous
faisait moins rouler, et le génois tangonné nous portait
à 5-6 noeuds vers notre but, plus proche d'une centaine de miles
chaque jour.
Nous n'avons pas mis notre ligne de traine pour pêcher,
car nous n'en avions pas besoin (le frigo était plein en partant
de Tenerife), et surtout car nous traînons derrière Askoy
une hélice pour produire du courant pour notre consommation journalière
: frigo, pilote, BLU, etc. Cette hélice fait peur aux poissons
et risque de couper la ligne de traîne. Grâce à cet
aquagénérateur, pas besoin de démarrer le moteur
pour remplir les batteries. Par contre cela nous ralentit d'environ
0.5 a 0.8 noeud ce qui sur une semaine de nav représente une
journée de navigation en plus.
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Quelques vagues hautes nous
faisaient rouler désagréablement, mais c'était
bien joli à voir ! Ici, on voit bien l'aquagénérateur
que nous traînons pour fournir du courant.

Pas facile à photographier les dauphins !Impossible d'exprimer
par une photo l'enthousiasme et le bonheur qui nous prennent quand ils
apparaîssent...
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L'ARRIVEE : Nous arrivons à la tombée de la nuit.
Il y a tout juste assez de lumière pour reconnaître Joline,
arrivée à l'aube, et nous trouver une petite place dans
la baie. Enfin, nous pouvons ouvrir un des jambons espagnols que nous
gardions pour ce jour ! Il y a du vent, mais l'air est plus chaud. Le
calme dans le bateau nous surprend. Depuis une semaine, nous étions
en permanence dans le bruit de la mer et du bateau en mouvement. Notre
soudaine immobilité nous donne l'impression de flotter dans les
airs...
PREMIERES IMPRESSIONS : On ne peut pas vraiment dire,
en arrivant à Sal par la mer, que le Cap Vert porte bien son
nom...
La première chose qui apparaît à l'horizon est un
volcan, bien conique, puis un autre, puis une ligne de terre brune.
D'habitude, à fur et à mesure que le bateau progesse,
on peut commencer à distinguer des arbres et des maisons. C'est
une distraction passionnante, un régal, après une semaine
de mer ! Ici non. Une fois près de la côte, nous avions
confirmation qu'il n'y a rien à voir au nord de l'île,
totalement désertique. Puis la vie est apparue à l'approche
de Palmeira. Une vie bien différente de celle des Canaries...
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Arrivée le 16 mai 2002
Soyons honnêtes, au premier abord, ce petit village ne frappe
pas par ses plages et sa beauté. Des conteneurs qui mériteraient
d'être à la retraite sont entreposés près
du môle, la réserve de pétrole de l'île expose
ses réservoirs gris derrière la plage de sable et de cailloux
longée par quelques acacias désséchés, quelques
vieilles épaves de bateaux rouillées arrivent miraculeusement
à flotter parmis les bateaux au mouillage. Cependant le village
ne manque pas de charme avec ses petites maisons colorées, ses
rues pavées, et ses habitants accueillants et souriants. Palmeira
est un bon point d'atterissage au Cap Vert où nous faisons nos
premières lamentables tentatives de communication en portuguais.
On ne peut pas dire que nos trois mois à Lisbonne aient vraiment
portés leurs fruits à ce niveau-là...
Par
contre, ça se passe mieux pour la pêche sous-marine. Dès
leur première sortie, Ludo et Patrick (voilier Joline) ont ramené
plusieurs magnifiques poissons dont un de 2 kilos. Du jamais vu aux
Canaries ! Ca a été l'occasion de faire un premier barbecue sur la plage. Je dis "premier", car les barbecues
sur la plage vont rapidement rentrer dans les moeurs. Ben oui, vous
feriez comment vous, avec un thon ou un baliste de plus de 6 kilos ?
Demain, nous prenons un "aluger", ces pick-ups (confort pas
garanti...) que l'ont partage avec d'autres passagers, pour nous rendre
à Santa Maria et Pedra de Lume. Nelito, un jeune étudiant
nous a proposé d'aller assister à son spectacle de danse,
puis de sortir "a la discoteca". Nous avons une vie sociale
ici nous !
Deux semaines après notre arrivée, Ludo et Pat entreprennent
la réfection du pont d'un bateau de 18 mètres en bois.
Cela les occupera un peu plus de deux mois, jusqu'à ce qu'une
pénurie de matériel les mette au chômage technique.
Tant mieux ! On va pouvoir se ballader parmis les îles, à
commencer par Boa Vista !
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Le rythme semaine de travail-weekend ayant repris à bord,
Mordeira est un bon endroit pour partir en week-end en bateau. Il n'y a en effet que 5 miles à parcourir. Une plage pas très large longe la baie, elle s'élargit
au sud, là où les premières constructions pour
le tourisme apparaissent. Nous pensons qu'il est inévitable qu'un
jour, toute cette côte encore vierge soit totalement construite
comme aux Canaries. Derrière la plage, ce n'est que terre et cailloux
parsemés de buissons agonisants.
Sur la plage, nous avons trouvé la carcasse d'une énorme
tortue. La loi interdit de chasser cette espèce en voie d'extinction,
mais c'est encore régulièrement que des tortues sont capturées
et massacrées pour la consommation de leur chair. Nous les croisons
aussi dans l'eau lors de nos plongées, oubien depuis le bateau,
elles se promènent tranquillement entre les bateaux au mouillage,
mais plongent dès que nous faisons trop de bruit. A terre, on
croise des chiens et des ânes dans les rues, au mouillage, c'est
les tortues et paraît-il les requins !
On nous dit que cette baie est pleine de requins. Cela n'a pas empêché
Ludo de pratiquer son sport favori : la chasse sous-marine. Cependant, par précaution, il ramenène systématiquement toute prise à l'annexe et ne l'attache plus à sa ceinture comme il le faisait aux Canaries. Pour la
première fois, il nous ramène une "Garoupa",
un très bon poisson que nous convoitions depuis des semaines
! Il ne reste qu'à croiser une ou deux langoustes pour que nous
soyons comblés. Pour ce qui est des requins, nous n'en avons encore pas vu. En vérité, ils représentent un danger de nuit, c'est extrêmement rare d'en voir dans les mouillage de jour.
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Pas
conseillé pour y mouiller en bateau, ce petit port serait pourtant
un joli mouillage. Une petite digue fournit un abri pour quelques barques
de pêche, et forme une piscine artificielle pour les enfants capverdiens,
grands amateurs de baignade. Un restaurant ciblant les étrangers
a une belle vue sur la baie, mais il ne faut pas s'attendre à
y manger capverdien. De plus, les prix aussi semblent importés
de chez nous...
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A
quelques centaines de mètres du port se trouvent les salines
et toute l'ancienne infrastructure de transport du sel.
On peut descendre dans les salines qui se sont formées naturellement
dans un cratère, et s'y baigner. C'est une expérience
particulière car la concentratrion de sel dans l'eau fait qu'on
flotte beaucoup plus que dans l'eau douce. Par contre, on en sort comme
des petits salés et il faut vite aller se rincer à l'eau
douce, ou le cas échéant à l'eau de mer !
Le paysage autour de Pedra de Lume est incroyablement aride, désolé
et inhabité ainsi que la plus part de la surface de l'île.
Seules quelques chèvres rachitiques traînent par ci par
là, broutant des herbes sèches et des buissons épineux...
Cette visite a été l'occasion de faire le plein de sel,
nous en avons prélevé 5 kilos qui nous serons très
utiles pour faire cuire le poisson "a la croute de sel".
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Encore un bel endroit pas conseillé aux bateaux de tailles modeste
comme le notre ! Ce n'est pas dangereux, mais ça roule BEAUCOUP
! Au point, paraît-il de vous empêcher de dormir la nuit.
Mais la plage est si belle, que nous avons presque envie de tenter notre
chance. Peut-etre le festival de musique qui s'y tiendra mi-septembre
sera l'occasion de le faire.
Santa Maria est la zone touristique de Sal. Trois hôtels se partagent
les visiteurs étrangers qui sont pour la majorité des
italiens. Le surf y est la principale attraction ainsi que la plongée
sous-marine et la pêche. La plage, magnifique, est faite d'un
sable incroyablement fin.
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Sal
- Boa Vista
- Sao Nicolau
- Santa Lucia
- Sao Vicente
- Santo Antao
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