
Arrivée au Portugal le 26 Octobre 1999,
départ le 9 Février 2000
en direction des Canaries |
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18 au 21 janvier 2000
C'est en bon Lisboètes que nous sommes, que nous avons passé
quelques jours au mouillage devant le joli village de Seixal, en face
de Lisbonne sur l'autre rive du Tage. Cette petite traversée
était notre deuxième sortie depuis notre arrivée
à Lisbonne, elle nous a confirmé que cette baie est extra
pour naviguer. Malgré les tourbillons et les vents qui nous jouaient
des tours, nous avons passé deux heures à tirer des bords
rien que pour le plaisir, ce que nous n'avions encore jamais fait sur
Askoy. Jusqu'à Lisbonne, il y avait toujours un port à
rejoindre avant la nuit ou au bon moment de la marée, et bien
qu'il y ait eu quelques belles journées, ce n'était pas
le même état d'esprit qui, ici, était de naviguer
pour naviguer, et non pour gagner des miles vers le sud.
Une fois à Seixal, nous avons réalisé à
quel point le bruit nous entourait en permanence à Alcantara.
Entre l'immeuble en construction et l'usine à ciment à
proximité, la circulation sur le pont du 25 Avril, les trains,
et même les avions, il n'y avait un semblant de calme que la nuit.
A Seixal, confortablement installés dans le cockpit baigné
de soleil, nous écoutions le silence et le clocher du village.

En dehors de nos longs moments de détente (pour ne pas dire oisiveté)
au soleil, nous avons joué les touristes en visitant un "moulin
à marées" datant de 1404, et encore en fonctionnement.
Mais d'abord, il fallait y arriver. Pour ce, il fallait prendre un bus
à Seixal, et faire le tour de la baie jusqu'à Corroios.
Nous pensions qu'il y avait 5 stations comme l'indiquait le plan dans
l'abri-bus. Ce n'était pas le cas, il y en avait beaucoup plus,
et aucun arrêt n'indiquait où nous nous trouvions. Super.
Nous demandions régulièrement si Corroios était
encore loin, "non, non pas encore", nous répondait-on.
Nous lisions chaque panneau sur la route pour surveiller note progression,
ce qui aidait un peu, mais quand même, des noms de stations ça
se fait, hein !
Arrivés
Corroios, un passager qui observait notre cirque depuis le départ,
nous fit signe que c'était là notre station. "Obrigado,
senhor !" . Quelques minutes à pied au milieu d'immeubles
des années 70 nous menèrent au moulin, vieux batiment
surprenant au milieu de cette urbanisation qui a poussé tout
autour. Le responsable des lieux était très sympa. Lui
aussi a dû nous trouver bien sympathiques car pendant une heure,
nous avons fait semblant de comprendre ses explications techniques et
historiques qui devaient être passionnantes, mais dont la majorité
nous a échappé. Le brave homme ne parlait que portugais.
De temps à autre un mot nous permettait de deviner ce qu'il nous
racontait mais il aurait pu parler à son moulin à farine
qu'il n'aurait pas eu beaucoup moins de réactions. Cela n'avait
pas l'air de le surprendre que nous ne lui répondions qu'avec
des mouvements de tête approximatifs, qui ponctuaient son monologue
sans pour autant rien vouloir dire de précis...
Le
lendemain, nous devions repartir pour Lisbonne car la météo
commencait à s'annoncer bonne, (bien que cela n'en ait pas l'air,
nous n'avons pas oublié Les Canaries et la suite du voyage).
Mais voilà que Peggy et Renaud, nos amis du P'tit Morgat récemment
arrivés à Lisbonne, nous proposent de les accompagner
visiter un chantier naval où l'on répare des bateaux typiques
portugais, les "Varinos". Evidemment, nous n'avons pas résisté.
Le lendemain, armés de nos appareils photos, nous montions à
bord du P'tit morgat, pour passer une journée qui nous fit oublier
la météo et toutes les îles tropicales du monde.
A peine mouillés devant le chantier pour lequel le temps semblait
s'être arrêté, Ludo faisait des bonds à la
vue des bateaux qui s'y trouvaient. Il y avait en particulier un yawl
très à son goût qui, avait-on compris, était
à vendre 30.000 francs. Le regard de Ludo me dit tout en un éclair.
Je vis ses pensées lui traverser le cerveau à toute vitesse.
Mais Joao, l'employé de la gestion du patrimoine qui nous servait
de guide, mit fin à ces doux projets, en nous disant que non,
le bateau n'était pas à vendre, mais qu'il venait d'être
vendu le mois dernier. Ouf, voilà la deuxième fois que
nous échappions de peu à un nouveau chantier... La fois
précédente, c'était quand nous avions trouvé
un plan Stephens de 17 mètres à l'abandon dans un bassin
de Lisbonne. Il s'agissait d'un bateau confisqué par le port
pour non paiement, et donc très compliqué à racheter.

11 Novembre 1999 au 9 Février 2000
Nous
n'allons pas ici vous faire un tour guidé de Lisbonne, ce serait
bien trop long.
Après la visite des musées, monuments, quartiers sympa,
restaus et marchés typiques, nous avons en particulier été
fascinés par l'aquarium géant de l'Expo 98. Avez-vous déjà
vu des requins vous foncer dessus, des raies vous passer sous le nez nonchalamment,
des mérous géants posés à vos pieds? Nous
oui, et quel spectacle c'était ! D'ailleurs, nous y sommes retournés
une deuxième fois pour vous faire des photos numériques
(elles sont dans une page à part, visible en cliquant sur le panneau
"aquarium" à droite).
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Notre première
semaine dans cette capitale s'est résumée en journées
entières de bricolage (confection d'une nouvelle bôme) et
de nettoyage du bateau. Nos sorties se sont limitées aux
quincailliers et shipshandlers et supermarché du coin... Nous
avons sorti tous nos outils (ils n'ont pas tellement eu le temps de
refroidir !) et c'est parti. Les lattes de bois étalées
sur le quai, Ludo commençait les mesures et les dessins. Puis,
défonceuse pour faire des scarfs, meuleuse, collage à l'époxy,
rabotage, ponçage, et hop ! en trois jours, nous avions une
nouvelle bôme prête à vernir !
On les a épatés les copains en collant la bôme.
Il faut dire que nous sommes rodés avec Ludo pour ce genre
d'exercice. Tout est préparé à l'avance, et
chacun sait ce qu'il a à faire. En moins d'une heure trente,
l'affaire était close. Apéro !
La marina d'Alcantara est parfaite pour ce genre de travail. Je ne
suis pas sûre qu'à Cascais, ils auraient apprécié
le bruit du rabot électrique, la poussière, et l'étalage
de bois et d'outils sur le quai. Enfin, tout allait bien jusqu'à
ce que les propriétaires d'une grosse vedette amarrée à
un autre ponton se sont plaint. On a dû ranger à toute
vitesse car une visite des flics était imminente. En dix
minutes, notre atelier improvisé a disparu. Les dizaines de
serre-joints et les outils ont été transvasés
dans le cockpit à vitesse V, la poussière et les copeaux
balayés, la bôme posée sur le pont...
Il faut vraiment se renseigner sur les marinas avant de venir à
Lisbonne. Certaines marinas sont mal placées. Belem est connue
par sa proximité du monument du même nom, mais elle est
au bord d'une route à 4 voies très bruyante. Santo Amaro
est sympa, longée de restaus variés, mais elle est sous
le pont du 25 Avril. Le bruit des véhicules qui circulent
dessus ressemble à un essaim d'abeilles géant qui vole
au dessus de vous. Et c'est apparemment une marina réservée
aux locaux. Alcantara est un bon compromis. A une distance raisonnable
du pont, nous en entendons peu le bruit. La marina, au fond d'un grand
bassin est calme, si ce n'est qu'il y a en ce moment le Funchal, un gros
bateau de croisière en travaux à proximité, ce
qui fait tout même un peu de bruit.
Même
dans cette grande ville, nous avons rencontré pleins de gens
vraiment, vraiment gentils. Beaucoup de portugais parlent très
bien le français, et ils se plient en quatre pour vous juste
parceque. Nous avons des tas d'exemples pour illustrer cette
gentillesse : Miguel, à Lexoes nous a fait découvrir le
bacalao dans un restau typique, offert du vin portugais, puis nous
emmenait en voiture à gauche et à droite dès que
les transports n'étaient pas pratiques. Jacques à
Lisbonne, voyant que nous avions cassé la bôme, a spontanément
emmené Ludo chercher du bois en dehors de la ville. Dans un
magasin de télécommunications, deux employés ont
passé une bonne dizaine de coups de fil pour nous trouver
l'information qu'ils n'avaient pas, et ce sans y gagner quoique ce
soit,...
Franchement, à part peut-être un employé du port
qui dit ouvertement "Je n'aime pas les français", les
portugais sont ouverts et accueillants.
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CASCAIS
10 au 11 Novembre 99
C'est simple, si vous n'avez pas le choix, arrêtez-vous à
Cascais, sinon, allez directement à Lisbonne !! (malheureusement,
nous avions raté la marée pour remonter le Tage).
Cascais est un port archi-moderne en cours de finition (les douches
ne sont pas finies, les nouveaux locaux pour des boutiques sont vides,
etc), mais le prix n'en est pas moins cher (êtes-vous assis ?)
: 4500 escudos par nuit !
Le sol des douches, c'est le même ciment que le trottoir. Aucun
porte-serviettes, ni crochet pour les vêtements. Allez, tout par
terre. Un centre commercial tout blanc et carré, à l'américaine,
n'attend plus que l'électricité et les nombreux magasins
qui vous rendront heureux, et rapporteront beaucoup d'argent. Il ne
manquera rien, c'est sûr, restaurants, boutiques, cafés,
supermarché. Les pontons sont larges et espacés, pour
l'éléctricité, il y a le choix ente 16 et 32 ampères
(du jamais vu !), il y a des gardes tout neufs partout. Ceux-ci prennent
leur boulot tellement au sérieux, que Jean-Louis s'est fait engueuler
pour être allé voir l'état de la mer depuis la digue.
" Vous ne pouvez pas aller là !, lui dit le garde, ou alors
il faut aller chercher une permission au bureau". Je parie que
c'est payant, sa permission. Mais dans tout ce confort et cette modernité
ils ont oublié quelque chose : Le Portugal.
La ville, un peu plus loin a du charme. Celui des stations balnéaires
où tout est joli, où l'on trouve des journaux internationaux,
où les restaurants parlent français, speak English, hablan
español, etc. De nombreux cafés avec de grandes terrasses
dans des places tranquilles, des boutiques, des trottoirs décorés...
Bref pas désagrable, mais ce n'est pas ce que nous sommes venus
chercher au Portugal. Cap sur Libonne, et vite
!
A noter : Depuis notre passage dans cette marina, il paraît que les choses se sont ameillorées.
D'après des navigateurs passés par là en 2001, les prix ont baissé, et l'ambiance est meilleure. A voir
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8 au 10 Novembre 99
La
jolie ville de Péniche mérite-t-elle ce qu'il faut endurer
dans sa marina? Les avis divergent...
Personnellement, nous n'y avons passé que deux jours pendant
lesquels nous avons dû trouver une solution temporaire à
notre bôme cassée.... Elle s'est sérieusement fendue
en vent arrière quelques heures avant d'atteindre Peniche. Dès
notre arrivée, la course au bois pour la fabrication d'une nouvelle
bôme a commencé. Ludo en a trouvé dans la journée,
un peu humide encore, mais s'il ne trouvait rien de mieux à Lisbonne,
ça ferait l'affaire. Entre temps, Jean-Louis nous a prêté
un tangon que nous avons installé en guise de bôme. Nous
n'utiliserons la grand voile, avec deux ris d'emblée, qu'en cas
de besoin. Le voyage à Lisbonne se fera au moteur plus génois.
Il y a eu une sorte de deuil à bord après avoir laissé
l'ancienne bôme sur le quai près des poubelles. C'était
la bôme d'origine, 30 ans de bons et loyaux services, quand même
!
Mais revenons-en à la marina. Nous n'avions encore jamais vu
autant de bateaux de pêche aller et venir en même temps.
"C'est bien un port de pêche aussi vivant." me dit Ludo.
C'était avant qu'on ne réalise que le ponton visiteur
est on ne peut plus exposé à ces allées et venues.
C'était tout à fait infernal. Bâbord à quai,
tous les pare-battages en place, nous retenions Askoy quand il semblait
vouloir monter sur le quai. Pour James sur son Folkboat, il n'était
même pas question de rester là, son bateau ne serait pas
sorti indemne d'une nuit sur ce ponton. Le responsable du port, conscient
de la chose, lui a indiqué un emplacement plus à l'abri.Willow
étant assez petit, cela n'a pas été un problème.
L'autre désagrément majeur est l'odeur nauséabonde
qui envahit la marina à marée basse. Un mélange
bien dosé de poisson pourri de gasoil et surtout de vase nous
réveillait le matin, pénétrant jusqu'à l'intérieur
du bateau. Ceci dit, si le bateau est bien amarré et protégé
par ses pare-battages, il n'y a qu'à partir se promener toute
la journée et éviter ainsi et les odeurs, et le ballottage.
Une machine à laver est à disposition à côté
des douches. Pour ces dernières, deux possibilités : se
doucher dans le noir, ou être agile afin de déclencher
régulièrement la lumière en balançant une
jambe devant les toilettes. Hé oui, le détecteur de mouvement
qui allume la lumière pour quelques minutes se trouve à
l'entrée, face aux toilettes. Ils ont le sens de l'humour ! Ou
alors c'est peut-être une caméra cachée ?
Tout cela est vendu pour 1500 escudos par nuit environ, les pinces à
linge pour le nez ne sont pas incluses...
Pas mécontents de partir pour Cascais.
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7 au 8 Novembre 99
Encore un port où nous ne sommes restés qu'une nuit.
L'appel du Sud a été plus fort que notre curiosité...
Pour accéder au port de nuit, il vaut mieux avoir une bonne carte
de détail et/ou un bon radar qui vous indiquent ce qu'il y a
autour de vous, car ils ne sont pas généreux en balisage
par ici. Ni en éclairage. Pas loin derrière nous, Objectif
Sud s'approchait dangereusement d'une digue invisible qu'il n'a
vu qu'au dernier moment grâce à la puissante lampe torche
que Ludo a braqué dessus.
La marina n'est pas bien grande, et un peu trop à proximité
des bateaux de pêche. Le matin à l'aube, on ne peut manquer
leur sortie à cause du bruit et des odeurs de moteur. La journée,
c'est le retour avec les odeurs de poisson...
La nuit n'y est pas chère (1400 escudos environ), les douches
propres mais "basic". C'est ici qu'a commencé la torture
du chaud-froid que nous subissons systématiquement depuis. Je
ne sais pas combien de fois j'ai sauté hors de la douche pour
éviter de me faire soit ébouillanter soit geler sur place...
Il y a une machine à laver le linge à disposition moyennant
l'achat d'un jeton. Ce genre d'indication a peut-être l'air superflue
pour certains, mais croyez-moi, quand le linge sale commence à
envahir le bateau dans un, puis deux, puis trois sacs, on est content
de voir son reflet tout déformé dans le hublot d'une machine
à laver ! Le seau c'est bien, mais c'est à utiliser avec
modération. On nous a dit qu'il y a un joli village à
Nazaré, en haut de la colline. Pour y accéder, il y a
une bonne trotte à pied, puis un funiculaire à prendre
(il est visible sur la photo). Avec un peu de mauvaise conscience pour
n'avoir rien visité, nous sommes partis par un beau matin ensoleillé
direction Péniche.
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3 au 7 Novembre 99
C'était le bonheur de se retrouver dans ce port propre et
bien protégé après Lexoes...
La ville est agréable, il y a un casino (qui fait aussi office
de salle de spectacles et de cinéma), une rue piétonne
commerçante, une plage immense, un café très "in"
avec un accès à Internet sur un PC d'avant guerre. D'après
la brochure qu'on nous donne en arrivant, il y a aussi toute une liste
de choses à voir que nous n'avons pas eu le temps de découvrir.
Ce qu'il ne faut pas rater ici, c'est le superbe marché.
Ouvert jusqu'à 16 heures, il est un régal pour les yeux
et pour les estomacs en manque de fruits et de légumes frais !
Le
port coûte 1700 escudos par nuit, ce qui les vaut bien.
Attention, ils tiennent absolument à voir les passeports avant
tout. Donc il faut s'amarrer au quai d'attente dès l'arrivée
(face à l'entrée) devant le douanier qui 24 heures sur
24 vous fait signe de s'amarrer devant lui avec insistance.Willow
etObjectif Sud sont arrivés après nous, l'un
avec des algues prises dans l'hélice, l'autre avec un moteur
qui fumait comme un barbecue. Exceptionnellement, ils ont été
autorisés à aller directement dans la marina.. Mais pour
être sûr qu'ils viennent le voir tout de suite, M. le
douanier ne nous a pas donné le code de la porte d'accès
en nous disant qu'il la donnerait à nos amis...
Un détail amusant : les douches sont mixtes, et ce n'est
qu'après avoir ouvert le rideau qui sépare les douches
des toilettes qu'on pourra se rendre compte qu'une personne du sexe
opposé était nu(e) en train de se sécher derrière...Par
contre il y a des vraies portes aux toilettes !
Vouloir, ce n'est pas pouvoir. C'est ce que nous avons appris alors
que nous étions prêts à quitter Figuera. En effet,
il y a un feu à l'entrée du port qui selon le courant et
les vagues présents au niveau de la barre, permet ou interdit
le passage. Pendant deux jours, nos yeux étaient irrémédiablement
attirés vers la boule noire accrochée en haut du feu.
Interdiction de bouger tant qu'elle n'est pas descendue. Enfin, un
matin il n'y avait plus de boule. Branle-bas le combat ! Départ
pour Nazaré !
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En bateau, en voiture, ou en avion, faites comme vous voulez, mais
venez à Porto !
Il n'y a pas de quoi y passer une semaine, mais un week-end avec du
soleil dans cette jolie ville, c'est le genre d'escapade qui nous
aurait beaucoup plu quand nous vivions à Paris.
Cet après-midi là, nous allions à Porto
principalement pour visiter les caves et y faire quelques dégustations.
Mais dès notre arrivée dans la ville, celle-ci nous a
enchanté. Nous nous y sommes promenés deux bonnes heures
avant de traverser le Douro vers la zone où se trouvent les
caves. Les yeux courant sur les façades colorées des
immeubles, nous errions dans des rues tortueuses, allant de surprise
en surprise. J'avais un sourire idiot sur le visage tellement cet
endroit était inattendu. Une
jolie petite gare avec l'entrée couverte d'azulejos bleus, un
vieux tramway qui transportait quelques passagers pas pressés,
des musées, des belles églises, des boutiques
minuscules, chacune avec sa spécialité, le tout si
vivant et plein d'une activité à laquelle nous n'étions
plus habitués...
Nous voici enfin sur l'autre rive du Douro. Comment choisir une cave
? Il y en a des dizaines !
Au bout de 20 minutes, nous nous décidions pour Ferrero. Une
charmante guide qui, comme beaucoup de gens dans ce pays parlait très
bien le français, nous a fait visiter les caves avec maintes
explications, puis nous a fait déguster deux portos blancs et
deux rouges, tous très différents les uns des autres.
C'est là que nous avons appris la différence entre un
Porto Ruby et un Tawny. Mais je ne vous en dirais pas plus, à
vous de le découvrir un verre à la main ! Mais n'y allez
pas en shorts et t-shirt, ça caille là dedans !!
"Parfaitement à jeun ", nous sortions de chez
Ferrero avec une bouteille de la cuvée personnelle de Dona
Antonia qui ne résistera pas longtemps aux assauts de la bande
d'alcooliques que nous sommes Willow, Objectif Sud et nous.
Pour ceux qui connaissent bien Ludo, buveur de Ricard invétéré,
sachez qu'il a bu du Porto à l'apéro à plusieurs
reprises depuis. Et ce n'était pas pour faire comme tout le
monde. Bon d'accord, il a fallu à un moment faire des mélanges
(pas très convaincants) avec du gin, mais ils sont vite revenus
au Porto nature...ou avec un peu de Rhum alors ?
Après un café délicieux nous
commencions à nous diriger vers le Douro. Arrivés sur la
rive, nous passions encore un bon moment à nous promener dans
une rue très animée qui longeait le fleuve, où
les boutiques pour touristes (plutôt jolies et de bon goût,
pas du style "tour Eiffel en plastique") côtoient les
vendeurs d'olives et de condiments, les stands de collants, et ceux de
bacalao, la fameuse morue séchée. Le soleil était
au rendez-vous, ce qui a du accroître notre bonne humeur. Après
2 semaines à Bayona à attendre une bonne météo
sous des trombes pluie et des vents à vous décoller de
terre, cette journée en t-shirt au Portugal avait quelque chose
de magique.
Un
dernier mot sur Porto pour les navigateurs. Tout d'abord, contrairement
à ce que nous pensions, il y a moyen d'entrer dans le Douro, en
suivant certaines précautions (marée haute et attention au
banc de sable à tribord), ce qui permet d'être à
Porto même plutôt qu'à Lexoes. Sinon, nous avons lu
un article sur un voilier anglais qui a remonté le long du Douro
pendant un mois. Leurs photos et descriptions des paysages magnifiques
et préservés que sont les abords du Douro donnent vraiment
envie d'en faire autant. Bref, c'est une idée qui mérite
sa place dans la liste de vacances sympa. Je le note, et je m'en félicite.
Enfin pour le moment, nous nous allons vers le sud, à
Figuera da Foz. |

27 Octobre au 3 Novembre 99
Pour citer note ami Jean-Louis d' Objectif Sud, "Ce
port est le dépôt d'immondices le plus cher d'Europe !".
On ne pouvait pas mieux trouver pour définir ce port...
En arrivant au port, nous n'avons pas été dépaysés,
Ludo et moi, puisque Lexoes c'est Le Havre au Portugal. Port industriel
avec les grues, les camions, les monte-charge, les containers entassés,
et une ville sans intérêt mais avec quelques restaus et
commerces, nous n'en payons pas moins un prix élevé (2440
escudos en basse saison), et inutile de demander un prix à la
semaine, il n'y en n'a pas ! et le fait que vous ayez ramassé au
bout de votre amarre dans l'eau le taquet qui retenait votre bateau au
quai n'y changera rien...
La photo ci-dessous représente l'eau dans laquelle nos pauvres
bateaux ont dû tremper une semaine durant. Chaque jour nous
faisions de nouvelles découvertes macabres parmi les ordures déjà
répertoriées qu'étaient les bouts, sacs, réservoirs
et casques de motos, poissons morts, etc. La première de ces découvertes
était une mouette flottant les pattes à l'air (sûrement
morte pour avoir mangé un poisson du port). Ensuite, et James a
mis quelques temps à s'en remettre, il y a eu le premier cadavre
de rat tout gonflé et à moitié en décomposition,
flottant nonchalamment au milieu des bateaux. Nous nous demandons
combien de ces charmantes choses flottantes nous allons trouver coincé
dans nos hélices. Enterprise, le voisin de James a réussi
à retirer de son hélice un énorme bout sans avoir à
plonger. C'était l'angoisse de s'imaginer barbotant dans cette
eau dégueulasse. En tout cas j'étais sûre que je
pourrais compter sur la galanterie des ces messieurs pour que ce ne soie
pas moi qui m'y colle. De temps à autre c'est bien d'être
une fille ! :-).
De
plus, parce que ce n'est pas fini, les douches laissent aussi à désirer
(un peu moins chez les filles). Tout d'abord il faut choisir son moment,
car s'il y a déjà quelqu'un qui se douche, il n'y aura pas
assez d'eau chaude pour deux à la fois. Sans vouloir être
mauvais esprit, on serait donc en droit de se demander pourquoi dans ce
cas-là, il y a trois douches chez les hommes et deux chez les
filles ? Je pense que c'est parce que cette marina aimerait bien avoir
l'air, mais n'a pas l'air du tout...
Ensuite, s'il n'y a personne, il est fortement conseillé de
faire couler l'eau pour vérifier qu'il y a bien de l'eau chaude
afin d'éviter d'avoir à se rhabiller pour aller râler
au bureau. Si tout se passe bien, il n'y a plus qu'à profiter de
sa douche chaude sans trop regarder autour de soi, ni par terre, et
attention aux inondations systématiques et aux attaques de
pommeaux de douches dont James a été victime.
Mais ce qui sauve ce port, c'est la facilité d'accès, et
sa proximité de la très jolie ville de Porto.
Allez, j'ai une autre qualité à lui attribuer, la glace
est gratuite !
Le jour du départ, nous avons eu de la chance, personne n'a eu à
plonger, et nous sommes partis doublement contents, car nous quittions
cet endroit détestable et nous avions du vent de travers pour
aller sur Figuera da Foz. |

26 au 27 Octobre 99
Nous ne sommes restés qu'une nuit dans ce port qui nous a semblé
très sympa. D'ailleurs tous les gens que nous avons rencontré
par la suite et qui connaissaient ce port nous ont tous dit qu'ils ont
adoré. La marina est correcte. Système de pendille comme
à Bayona.
Malgré avoir travaillé le Portugais avec une méthode
avec cassettes, je ne faisais pas la fière quand on me parlait
en portugais. Impossible de sortir un mot intelligible. Ludo ne se posait
pas de questions, il n'avait rien appris du tout. Pour le moment donc,
l'anglais et le français étaient de mise...
Dans le fleuve, il faut faire attention au courant qui peut monter jusqu'à
6 noeuds. Nous sommes partis en crabe dès la sortie du bassin
de la marina. Nous allions à 4 noeuds en surface, 9 noeuds au
fond...
La nuit nous a été facturée 1700 escudos.
Allez, petite navigation vers Lexoes
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