Gran Canaria Fuerteventura Lanzarote


GOMERA :
arrivée le 7 Septembre 2001, départ le 9 mai 2002

Ce qui est bien aux Canaries quand on les parcourt comme nous, c'est que chaque île est plus jolie que la précédente, sauf peut-être pour Gran Canaria qui détient néanmoins le palmarès de l'escale technique. Nous voici enfin dans la très attendue île de la Gomera. Rien que de la longer en bateau, elle nous laisse bouche bée. Des falaises tombant sur la mer, des vallées vertigineuses apparaissent derrière chaque petit cap. Tout au long de nos ballades dans l'île, nous constatons que le tourisme y reste discret, beaucoup de gens y venant en ferry le matin (nous sommes à 45 min en ferry du sud de Tenerife), et repartant le soir. Cela fait une journée de balade sympa à travers forêts, gorges profondes, plages de sable noir... Nous y avons passé quelques semaines, pendant lesquelles nous n'avons pas eu le temps de nous ennuyer ni de nous lasser des paysages et des couleurs de la Gomera.



7 au 25 Septembre 2001

Nous venons mouiller dans ce petit port de pêche pour y retrouver nos amis à bord de "Constance" qui venaient d'y passer une semaine paisible au mouillage. L'eau est claire et chaude, de nombreux poissons vous tournent autour quand vous vous baignez, et la ville est "authentique", le tourisme est discrètement intégré dans les quelques commerces courants. A part le petit loueur de voitures, pas grand monde ne parle anglais ici. Deux immenses raies ont élu domicile dans le port, et elles vont et viennent paisiblement sans que personne n'ait l'idée de leur nuire. Nous avons oublié de demander si elles avaient des prénoms...
Mais nous ne sommes pas là pour nous les rouler, il y a une entrée d'eau dans le bateau au pied du mât, et il va falloir sortir le bateau. Nous ne sommes pas encore en train de couler, mais il faut régler ce problème avant de partir au Cap Vert. Rendez-vous est pris dans l'après-midi avec Olegario, le responsable du chantier. Ca a été un peu chaud comme grutage cette fois-ci. Une houle s'engouffrait dans le port, nous soulevant d'un mètre, puis nous tirant vers l'arrière en se retirant. Il fallait faire vite car ce sont des conditions idéales pour casser les sangles de la grue, et le bateau avec à cause des à coups que ces allées et venues provoquent. Les amarres crissaient bruyamment alternativement à l'avant puis à l'arrière, nous guettions les sangles de la grue qui mettaient une éternité à monter ! Enfin, nous sentons le bateau se figer, puis une impression bizarre, comme s'il s'était posé au fond nous indique que les sangles le tiennent, et nous commençons à monter. En quelques minutes, nous "roulons" jusqu'à notre emplacement, et Olegario cale Askoy avec des vieux bidons tout rouillés sur lesquels il empile des bûches. C''est une première pour nous, jusqu'ici, nous étions habitués à de bon solides bers en métal, mais bon ça a l'air de tenir pour les autres bateaux, ne nous faisons pas mal voir en doutant de leur façon de faire...
Nous avons passé deux semaines au chantier pendant lesquelles Ludo a réparé la coque puis étant bien lancé, il a fait divers travaux de menuiserie qui le titillaient ici et là, pendant ce temps, je finissais l'entretien bi-annuel des vernis extérieurs. Nous achetons un bon antifooling au voisin et carénons la coque pour remettre Askoy à l'eau tout beau et prêt pour le Cap Vert.
Quelques voiliers sont venus à Santiago pendant notre séjour. La plus part ne sont pas restés plus de quelques heures. Juste le temps de casser un chandelier ou un feu de navigation, ou de rompre une amarre à force de cogner contre le quai, ils ont fui vers San Sebastian, où une marina évite ce genre d'ennuis. Santiago offre un mouillage très agréable lorsque la mer est calme, mais quand la houle du sud se lève, ce qui a été le cas au lendemain de notre arrivée, on est très incomfortable à l'ancre et le port est carrément dangereux. Il peut y avoir jusqu'à 2 mètres de creux !


Le port de Santiago vu d'en haut, avec les bananeraies au deuxième plan.
 

Tout comme au Havre lorsque nous étions en travaux, nous savons alterner le travail et les moments de détente. L'arrivée inattendue de Carlos et Javier dont nous avions fait la connaissance à Santa Cruz de Tenerife, et leur offre de nous emmener visiter l'île sont une bonne raison de mettre les outils de côté pour une journée.
C'est parti en direction de la forêt du "Garajonay" où nous faisons le plein de vert et de virages en épingle à cheveux ! Le relief et la végétation nous épatent. Ludo compare ce que nous voyons au Machu Pichu pendant que Carlos nous explique le phénomène de la pluie horizontale qui est à l'origine de ces montagnes verdoyantes. Les nuages, en se heurtant à ces montagnes, y laissent une humidité suffisante pour permettre à une variété de plantes de pousser. De nombreux sentiers de randonnée sillonnent la forêt. Il y a de quoi y passer quelques jours pour les passionnés de rando. Après un déjeuner de thon et de chèvre dans une vallée magnifique, nous cueillons au retour de la menthe et des tas d'herbes aromatiques. De nombreux parfums nous parviennent alors que nous marchons le long des sentiers. Nous fourrons notre nez partout à la recherche d'une plante nouvelle dont nous avons détecté l'odeur en passant. Les allergiques au pollen se retenir !

Lors d'une autre ballade, nous allons visiter "Valle Gran Rey". Une vallée qui porte bien son nom, c'est royal !
On s'y sent tout petit, petit, mais vu les nombreuses maisons qui y ont été construites, on doit aussi s'y sentir bien. Ici, on est vraiment loin de tout, pour aller en boîte à San Sebastian (Disgomera, la bien-nommée, est l'unique boîte de nuit de l'île), c'est plus d'une heure de routes tortueuses qui ne pardonnent pas les conducteurs ivres...
Une longue plage le long de laquelle des bananeraies innatendues subsistent encore au milieu des condominiums, relie le port de Valle Gran Rey à Playa Inglés, une zone residentielle avec des magasins divers et des restos où nous avons très bien mangé. Trop d'ailleurs, ça sentait l'arnaque la serveuse italienne qui ne comprenait pas tout et nous ammenait deux fois plus de choses que ce que nous avions commandé. Mais étant donné que le propriétaire du restau a ramené à Ludo son portefeuille qu'il avait perdu dans les toilettes, nous nous sommes retenus de faire un scandale...

 



La capitale de la Gomera est aux dimensions de son île. Deux rues principales, une place où, selon la bonne tradition espagnole, des enfants de tous âges viennent jouer le soir pendant que les parents prennent un verre au café d'à côté, une scène en plein air où des concerts (qui ne se valent pas tous...) ont lieu le vendredi, un tout petit marché long de 15 mètres où chaque stand vend les mêmes fruits et légumes que le voisin, bref, une vie de petite ville à dimension humaine où l'on se sent bien. Les responsables de la marina sont d'une gentillesse exceptionnelle, les douches y sont propres, et toutes sortes de services sont assurés avec efficacité via le bureau du port. Cette marina a une autre particularité. Tous ceux qui fréquentent les marinas ont pu y voir des mulets, ces poissons mange-tout qui pullullent car ils ne sont pas propres à la consommation. Ici, il y a aussi des mulets en grand nombre et de tailles impressionnantes, mais il y a aussi des baracoudas, des vieilles, des balistes, des maquereaux, des sars... Arg ! et dire qu'on ne peut pas y toucher !!!
Un soir où nous dînions dans le cockpit, nous fumes figés sur place par un grand bruit sur l'eau près du bateau. C'était un baracouda d'au moins 60 centimètres qui chassait, se projetant à 2 mètres au dessus de l'eau et retombant à grand bruit. Si ce n'est pas de la provoc, ça...
En attendant le vent qui nous boude, une journée typique ici se passe comme suit (les jaloux feraient bien de passer au paragraphe suivant !) : réveil vers 10 heures 30 pour Ludo, moi quand j'ouvre un oeil vers 8-9 heures et qu'il n'a pas l'air de faire trop chaud, il m'arrive de sortir faire un petit jogging le long de la jetée, puis d'aller tenter d'amadouer les chats sauvages qui peuplent les pierres de la digue. Après un petit dejeuner en écoutant Europe 1 grâce à notre merveilleuse radio satellite, nous entamons les ambitieux projets que nous nous sommes donnés de faire dans la matinée, à savoir : faire des courses, laver du linge, graver un disque en MP3, (stop ! Ca va comme ça ! Ca fait déja beaucoup)... Vers 14 heures, appel général pour le départ à la plage. Certains dont Ludo, Carlos, Peter et moi vont pêcher, d'autres vont s'entraîner à faire de l'apnée ou juste se baigner. En tout cas, c'est souvent la grande transumance internationale puisque parmis nous il y a espagnols, israéliens, nouveau-zélandais, français, anglais... Avant, il nous arrivait de manger le poisson pour le déjeuner, vers 16 heures, mais la digestion était difficile et imposait une sieste jusqu'au soir, et ne voulant pas gâcher ainsi nos après-midis (en tout cas pas toutes), nous gardons la pêche pour le soir. Le reste de la journée se remplit très vite en visites de pontons, passages au cyber café pour les mails et les cartes météo, bricolage à bord, couture, lecture, musique, etc. Il y a souvent une sorte de rush vers la sortie de la marina à 20 heures, et par un hasard que nous ne nous expliquons pas encore, nous retrouvons tout le monde presque systématiquement à la terrasse du café pour une "caña" (bière pression) bien méritée.
Le mois de Novembre pointe déjà son nez, et il est question de départ pour tout le monde. Les plus préssés craquent et nous quittent pour le Cap Vert malgré une météo peu engageante, les autres (dont nous, car il n'y a pas beaucoup moins préssé que nous) prennent leur mal en patience en fomentant des plans diaboliques pour attraper ce gros mérou qui nous nargue à 12 mètres de profondeur, ou en vivant au jour le jour comme on avait tant rêvé de le faire avant de partir...

Au beau milieu de San Sebastian, on peut admirer cette ancienne tour, où paraît-il vivait la maîtresse de Colomb. En tout cas, elle ne risquait pas de coups de soleil... Cette tour se trouve au centre d'un parc à moitié en friche peuplé de chats qui se vautrent au soleil et se font nourrir par les passants attendris. Ils ont tout compris ceux-là !

 

 

 


Allez, avant de conclure le récit de notre séjour à la Gomera, nous vous offrons un de ses couchers de soleil ! C'est bien peu de voir ça en photo de qualité moyenne quand on pense que tous les jours c'est comme ça ici. Tenerife et Gomera sont des destinations idéales pour se ressourcer une petite semaine ou deux. Il y a des vols très bon marché pour les Canaries, et ce n'est pas trop loin de la France !
Pensez-y !


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