![]() |
|||
| |||
|
|
Tout
comme au Havre lorsque nous étions en travaux, nous savons alterner
le travail et les moments de détente. L'arrivée inattendue
de Carlos et Javier dont nous avions fait la connaissance à Santa Cruz de Tenerife, et leur offre de nous
emmener visiter l'île sont une bonne raison de mettre les outils
de côté pour une journée.
C'est parti en direction de la forêt du "Garajonay"
où nous faisons le plein de vert et de virages en épingle
à cheveux ! Le relief et la végétation nous épatent.
Ludo compare ce que nous voyons au Machu Pichu pendant que Carlos nous
explique le phénomène de la pluie horizontale qui est
à l'origine de ces montagnes verdoyantes. Les nuages, en se heurtant
à ces montagnes, y laissent une humidité suffisante pour
permettre à une variété de plantes de pousser.
De nombreux sentiers de randonnée sillonnent la forêt.
Il y a de quoi y passer quelques jours pour les passionnés de
rando. Après un déjeuner de thon et de chèvre dans
une vallée magnifique, nous cueillons au retour de la menthe
et des tas d'herbes aromatiques. De nombreux parfums nous parviennent
alors que nous marchons le long des sentiers. Nous fourrons notre nez
partout à la recherche d'une plante nouvelle dont nous avons
détecté l'odeur en passant. Les allergiques au pollen
se retenir !
Lors
d'une autre ballade, nous allons visiter "Valle Gran Rey".
Une vallée qui porte bien son nom, c'est royal !
On s'y sent tout petit, petit, mais vu les nombreuses maisons qui y
ont été construites, on doit aussi s'y sentir bien. Ici,
on est vraiment loin de tout, pour aller en boîte à San
Sebastian (Disgomera, la bien-nommée, est l'unique boîte
de nuit de l'île), c'est plus d'une heure de routes tortueuses
qui ne pardonnent pas les conducteurs ivres...
Une longue plage le long de laquelle des bananeraies innatendues subsistent
encore au milieu des condominiums, relie le port de Valle Gran Rey à
Playa Inglés, une zone residentielle avec des magasins divers
et des restos où nous avons très bien mangé. Trop
d'ailleurs, ça sentait l'arnaque la serveuse italienne qui ne
comprenait pas tout et nous ammenait deux fois plus de choses que ce
que nous avions commandé. Mais étant donné que
le propriétaire du restau a ramené à Ludo son portefeuille
qu'il avait perdu dans les toilettes, nous nous sommes retenus de faire
un scandale...
La
capitale de la Gomera est aux dimensions de son île. Deux
rues principales, une place où, selon la bonne tradition espagnole,
des enfants de tous âges viennent jouer le soir pendant que les
parents prennent un verre au café d'à côté,
une scène en plein air où des concerts (qui ne se valent
pas tous...) ont lieu le vendredi, un tout petit marché long
de 15 mètres où chaque stand vend les mêmes fruits
et légumes que le voisin, bref, une vie de petite ville à
dimension humaine où l'on se sent bien. Les responsables de la
marina sont d'une gentillesse exceptionnelle, les douches y sont propres,
et toutes sortes de services sont assurés avec efficacité
via le bureau du port. Cette marina a une autre particularité.
Tous ceux qui fréquentent les marinas ont pu y voir des mulets,
ces poissons mange-tout qui pullullent car ils ne sont pas propres à
la consommation. Ici, il y a aussi des mulets en grand nombre et de
tailles impressionnantes, mais il y a aussi des baracoudas, des vieilles,
des balistes, des maquereaux, des sars... Arg ! et dire qu'on ne peut
pas y toucher !!!
Un soir où nous dînions dans le cockpit, nous fumes figés
sur place par un grand bruit sur l'eau près du bateau. C'était
un baracouda d'au moins 60 centimètres qui chassait, se projetant
à 2 mètres au dessus de l'eau et retombant à grand
bruit. Si ce n'est pas de la provoc, ça...
En attendant le vent qui nous boude, une journée typique ici
se passe comme suit (les jaloux feraient bien de passer au paragraphe
suivant !) : réveil vers 10 heures 30 pour Ludo, moi quand j'ouvre
un oeil vers 8-9 heures et qu'il n'a pas l'air de faire trop chaud,
il m'arrive de sortir faire un petit jogging le long de la jetée,
puis d'aller tenter d'amadouer les chats sauvages qui peuplent les pierres
de la digue. Après un petit dejeuner en écoutant Europe
1 grâce à notre merveilleuse radio satellite, nous entamons
les ambitieux projets que nous nous sommes donnés de faire dans
la matinée, à savoir : faire des courses, laver du linge,
graver un disque en MP3, (stop ! Ca va comme ça ! Ca fait déja
beaucoup)... Vers 14 heures, appel général pour le départ
à la plage. Certains dont Ludo, Carlos, Peter et moi vont pêcher,
d'autres vont s'entraîner à faire de l'apnée ou
juste se baigner. En tout cas, c'est souvent la grande transumance internationale
puisque parmis nous il y a espagnols, israéliens, nouveau-zélandais,
français, anglais... Avant, il nous arrivait de manger le poisson
pour le déjeuner, vers 16 heures, mais la digestion était
difficile et imposait une sieste jusqu'au soir, et ne voulant pas gâcher
ainsi nos après-midis (en tout cas pas toutes), nous gardons
la pêche pour le soir. Le reste de la journée se remplit
très vite en visites de pontons, passages au cyber café
pour les mails et les cartes météo, bricolage à
bord, couture, lecture, musique, etc. Il y a souvent une sorte de rush
vers la sortie de la marina à 20 heures, et par un hasard que
nous ne nous expliquons pas encore, nous retrouvons tout le monde presque
systématiquement à la terrasse du café pour une
"caña" (bière pression) bien méritée.
Le mois de Novembre pointe déjà son nez, et il est question
de départ pour tout le monde. Les plus préssés
craquent et nous quittent pour le Cap Vert malgré une météo
peu engageante, les autres (dont nous, car il n'y a pas beaucoup moins
préssé que nous) prennent leur mal en patience en fomentant
des plans diaboliques pour attraper ce gros mérou qui nous nargue
à 12 mètres de profondeur, ou en vivant au jour le jour
comme on avait tant rêvé de le faire avant de partir...
Au
beau milieu de San Sebastian, on peut admirer cette ancienne tour, où
paraît-il vivait la maîtresse de Colomb. En tout cas, elle
ne risquait pas de coups de soleil... Cette tour se trouve au centre
d'un parc à moitié en friche peuplé de chats qui
se vautrent au soleil et se font nourrir par les passants attendris.
Ils ont tout compris ceux-là !

Allez, avant de conclure le récit de notre séjour à
la Gomera, nous vous offrons un de ses couchers de soleil ! C'est bien
peu de voir ça en photo de qualité moyenne quand on pense
que tous les jours c'est comme ça ici. Tenerife et Gomera sont
des destinations idéales pour se ressourcer une petite semaine
ou deux. Il y a des vols très bon marché pour les Canaries,
et ce n'est pas trop loin de la France !
Pensez-y !
Retour : Lanzarote - Fuerteventura
- Gran Canaria - Tenerife