GRAN CANARIA :
arrivée le 17 Mars 2000
départ le 26 Juillet 2001

Arrivée à Las Palmas
Après une traversée de 18 heures peu passionnante depuis le nord de
Fuerteventura (un convoyage, comme l'a décrite Ludo : voile plus moteur),
nous arrivons à Las Palmas et le hasard faisant bien les choses, la
seule place encore disponible sur le ponton visiteurs est celle juste
en face de "P'tit
Morgat", arrivé quelques jours auparavant.
Petite mise à jour autour d'un café, et peu à peu nous faisons connaissance
avec les habitants du ponton 10. En fait, vous allez voir, on se croirait
en France ! A côté de nous, "Java" un voilier français habité par une
famille de 6 très sympa, un peu plus loin, Angelo, un français qui vit
là depuis 14 ans, puis Sylvain et Stephania, "son italienne" comme tout
le monde dit, puis deux Philippe sur deux bateaux différents, puis Jeff,
puis Jean-Philippe, puis Pascal, et j'en oublie. Il y a quelques bateaux
autres que des français, et nous les tolérons tout juste car nous sommes
gentils et hospitaliers.
Le lendemain de notre arrivée, on nous annonce que nous fêtons trois
anniversaires en bout de ponton. Dans l'après-midi, un, puis deux, puis
trois barbecues se font installer. Houlàlà, j'ai intérêt à doubler les
doses de salades, apparemment il va y avoir du monde...
Et du monde, il y en a eu ! 60 personnes qui s'agglutinent autour d'un
buffet improvisé avec deux caisses et un bout de bois couvert de salades
en tous genres et de sardines grillées, avec à côté un caddie plein
de vins, bières, sangria, etc. La nuit s'annonce longue... Mais elle
a bien failli finir avant le dessert car avec le poids de tout ce monde,
le ponton s'est mit à descendre imperceptiblement, jusqu'à être à ras
de l'eau. Et là, grosse frayeur ! Il a fallu s'éparpiller rapidement
sans quoi c'était la baignade généralisée...
Toute la soirée a été très animée, en grande partie grâce à Peggy et
Renaud. On ne les avait pas encore vu en forme comme ça. Bon allons-y
franchement, disons qu'ils étaient faits comme des coings ! (mais ce
n'était pas les seuls, si ça peut rassurer leur famille qui lit ces
lignes).
Peggy nous a impressionnés par la quantité de chansons françaises qu'elle
connaît par coeur. Il suffisait de lui donner un titre, et elle nous
l'interprétait sans hésiter, et avec une belle voix qui plus est. Par
la suite, au milieu d'une conversation, dès qu'un mot lui faisait penser
à une chanson, elle démarrait au quart de tour. C'est ainsi que nous
avons eu droit à "Banana split", "Ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma
gueule", "Marie Galante", etc. Vers 2 heures du matin, nous nous y sommes
mis à plusieurs. Chacun ayant sorti ses "livres de chants de marins",
"100 hits de la chanson française", "Je chante Brel", etc, nous avons
chanté très fort et très faux, pendant des heures. C'était génial !
Renaud nous a beaucoup fait rire, partant dans des solos de tous ses
poumons, les bras en croix et le visage grave, il avait régulièrement
des trous qui le prenaient par surprise, ce qui avait sur nous un effet
hilarant. Bref, cette soirée était une bonne entrée en matière dans
ce nouveau port.
Depuis, nous sommes beaucoup plus sérieux. C'est la fête d'Askoy en
ce moment car nous lui refaisons les vernis extérieurs, nous lui remplaçons
une pièce de bois abîmée sous une cadène, nous lui nettoyons les fonds,
et il devrait être soulagé de 40 kilos à l'arrière grâce à un régulateur
d'allure plus léger que notre Aries actuel.
Il est également question pour Ludo de faire un chantier à Tenerife
où trois jeunes français ont acheté un bateau en bois fort mal en point.
Si cela se fait, nous irions là bas vers mi-avril pour au moins deux
semaines.
Affaire à suivre.
Nous avons fait le tour de
l'île comme prévu il y a deux jours. Et contrairement à ce que j'espérais,
je suis rentrée assez bredouille au niveau photos. Je me cite avant
notre tour en voiture : "Cette île est très variée dans ses paysages
et son relief. Un mini désert au sud, une grande région montagneuse
verdoyante, couverte de végétation tropicale, des petits ports, des
plages comme il se doit...". Voilà ce qu'on nous avait dit. Personnellement
je trouve la chose quelque peu idéalisée.
Il y a des belles plages, oui, mais pour le reste... Comme il n'a pratiquement
pas plu l'année dernière et très peu cette année (juste les jours où
je vernis l'exterieur du bateau), les lacs en haut des montagnes sonnt
asséchés, et la végétation peu verdoyante. Le sud de l'île est une région
aride et montagneuse où les seules choses qui poussent sont les complexes
géants pour touristes façon ruche accrochée au flanc de la montagne.
Il y a dans le sud, Puerto Mogan qui est très joli, dans le style de
Puerto Calero à Lanzarote, mais en plus grand, et très fleuri.
Mais c'était absolument bondé d'étrangers, et tout est orienté tourisme
(menus en allemand, etc). Il y a pas mal de bateaux, mais la place est
deux fois plus chère qu'ici à Las Palmas.
Le nord de l'île est beaucoup
plus sympa mais il n'y a pas de quoi écrire des pages. Las Palmas est
une grande ville comme chez nous très encombrée, avec les mêmes magasins,
supermarchés, musées, mais avec des palmiers en guise de marronniers...
Bref, je garde de cette visite de l'île quelques images et moments agréables
qui parfois n'ont duré que quelques secondes, comme cette plage de sable
noir sur fond de maisons multicolores que nous avons longé, ou comme
les belles vues panoramiques au nord de l'île, ou un perroquet dans
un restau qui nous disait "Ola Rambo !" Pour le moment je reste sur
mon envie quand aux paysages tropicaux. Il va falloir allez un peu plus
au sud pour ça.
Nous voici le 20 avril, et nous sommes toujours au ponton 10 de Las
Palmas, mais beaucoup de changements ont eu lieu et quelques décisions
ont été prises depuis la dernière mise à jour.
Tout d'abord, pas de chantier à Tenerife. Les propriétaires du bateau
à réparer ont opté pour la solution plus simple et moins couteuse que
propose une autre personne. Ludo n'étant pas d'accord avec cette solution
a préféré se retirer du projet.
Ensuite, le ponton 10, ce n'est pas fini, puisqu'il est sérieusement
question de rester là cet été pour ... pour ... hou là là, j'ai du mal
à le taper. Aller, un index courageux ! Vas-y : t-r-a-v-a-i-l-l-e-r.
He oui, telles que les choses sont parties, en décembre nous serons
fauchés. Or, nous ne voulons pas prendre le risque de tomber en panne
d'argent au Brésil, et c'est maintenant que des opportunités intéressantes
se présentent.
Le moral n'est donc pas au mieux ces jours-ci, d'autant plus qu'autour
de nous la pluspart des bateaux du ponton s'organisent eux, pour partir
au Cap Vert. Un par un, ils se font livrer leur courses, rangent l'annexe,
le teau, la table de cockpit, et le barbecue. Puis un par un, ils mettent
les voiles et nous nous disons que nous nous reverrons "un de ces 4",
ce qui est sûrement vrai.
Ceci dit, il y a encore quelques bons moments comme la session de
tonte de ces messieurs. Sylvain ayant miraculeusement trouvé sa tondeuse
au fond d'un de ses coffres bourrés à bloc -il nous a expliqué que son
bateau est un pop-corn, quand il arrive au port il explose, et tout
un tas de trucs se retrouvent éparpillés sur le ponton - presque tout
le monde y est passé. A Ludo, on lui a fait une petite houpette façon
Tintin qui nous plaisait bien, mais il n'a pas voulu la garder. Sylvain
n'a pas plus gardé sa coupe moitié-moitié, mais on le comprend bien.
Quand à Renaud, nous avons découvert qu'il a des grains de beauté sur
la tête.
Une fois les hommes tondus, ça a été le tour... du chien ! Costaud la
tondeuse ! Il faut dire que si elle a résisté aux cheveux de Ludo, il
ne peut pas lui arriver grand chose...
A part les vernis qui n'en
finissent pas (il pleut toujours pendant la nuit à chaque fois que je
vernis), j'ai repris l'accordéon avec plaisir. La place manque un peu
à bord pour ce genre d'instrument (les harmonicas de Ludo, c'est quand
même plus pratique...), mais j'ai trouvé un endroit où je peux ouvrir
le soufflet sans me heurter à quelque chose, et après une mise en place
un peu laborieuse, et quelques gammes, je répète quelques nouvelles
partitions dont la chanson russe " les yeux noirs". Ludo a dit qu'il
nous ferait la version de Léotard en "live" de cette chanson cet été.
A bon entendeur...
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Mercredi 13 fevrier 2001
Une grande étape vient d'être franchie : nous avons caréné
Askoy !
Sur les photos ci-dessous, et sous l'oeil attentif de Ludo, les gars
du chantier préparent le grutage pour la remise à l'eau
d'Askoy. Moi je faisais le reporter (caméra et appareil photo
numérique autour du cou). Les regards amusés, voir moqueurs
de tout le monde ne m'ont pas échappé...

Pour la troisième fois, nous avons remonté la ligne de flottaison...
Cette fois-ci, c'est la bonne car il n'y a pas moyen de charger le bateau
plus qu'il ne l'est, donc la flottaison ne devrait plus changer. Le
chantier de Las Palmas nous a vraiment emballé. Voir son bateau
suspendu dans les airs, ce n'est pas une bonne impression DU TOUT !
Ici, ils ont sorti le bateau sans qu'on s'inquiète à aucun moment, puis
l'ont très bien calé (il ne risquait pas de partir tout
seul, c'est sûr). Nous vivions à bord pendant les 4 jours
au chantier. Ce n'était pas simple au niveau de la cuisine et
toilettes, et le soir entre 22 heures et 9 heures du matin, impossible
de descendre du bateau car un chien de garde était lâché
dans le chantier, et il a très mauvaise réputation dans
le port. Mais globalement, c'est un très bon endroit pour caréner.
La remise à l'eau a été parfaite. Ludo l'a ratée,
car pas fou, le directeur du chantier qui nous complimentait sur le
bateau pendant qu'on le ramenait vers la mer, a pris Ludo par le bras
et l'a invité à le suivre jusqu'au bureau afin de régler
la facture. Il a dû avoir de mauvaises expériences avec
des bateaux remis à l'eau et qui sont partis en douce sans payer...
De retour au ponton, nous finissons les derniers bricolages (tangons,
couture de housses et de teau, un peu de vernis, etc), et Tenerife ou
Gomera nous verra bientôt arriver pour une escale avant le départ
pour le Cap Vert.

Hou là là, qu'on n'aime pas ça !!!
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Dimanche 6 mai 2001
J'espère que vous n'avez pas cru ce que nous disions à
propos de notre départ prochain pour le Cap Vert. Si ? He bien,
nous aussi l'avions cru, mais en fait, nous sommes toujours à
Las Palmas.
Mais que cela ne vous étonne pas, la vie en bateau est pleine
de surprises en tous genres, et la dernière que nous résevait
Askoy est qu'il ne veut plus de son vieux mât. Lors de la visite
du gréement qui précédait notre départ,
Ludo a constaté un début de décollement du mât
au dessus des barres de flèches. Aie ! Ce n'est pas bon signe.
On arrête tout et on réfléchit. Ce mât a près
de 40 ans, il est un peu "light" par rapport au nouveau poids
d'Askoy (vous vous rappelez la ligne de flottaison qui monte, qui monte
?), et il faut bien le dire, nous avons toujours eu des inquiétudes
à son sujet. Ludo, en navigation a toujours tenté de lui
épargner de trop gros efforts. Cependant, il semble en bon état,
le bois est parfait, et après tout ce qu'il a du encaisser depuis
si longtemps, c'est vraiment un mât costaud et bien construit...
Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On attend des signes plus inquiétants
avant d'agir, ou on se la joue prévoyant ?
Vu que nous sommes toujours à Las Palmas, je vous laisse deviner
la réponse !
Après une période de réflexion de quelques jours, nous décidons de ne
pas nous contenter d'une réparation locale, ce qui irait à l'encontre
de notre façon de faire depuis le début. Nous allons "profiter de l'occasion"
pour descendre le mat et le renforcer. Mais, et cela n'étonnera
plus personne, les choses se sont passées tout autrement, puisque
nous avons fini par fabriquer un nouveau mat en bois. Les trois semaines
de travaux prévues se sont étirées en trois mois,
mais nous sommes assez contents du résultat, et nous partirons
dorénavant en mer plus confiants (et très impatients aussi
!). Malgré quelques anecdotes amusantes, ces trois derniers mois
relèvent plus de la page travaux que de celle-ci, ceux qui n'ont
pas peur des aspects techniques peuvent se rendre à la page travaux
du mât pour une description étape par étape
de sa fabrication.
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