Arrivée à Tapia le 18 Septembre 1999
Départ de Bayona le 26 Octobre 1999
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18 au 24 septembre
Quoique imprévue, notre première escale,
était le petit village de pêche espagnol TAPIA où
nous sommes allés nous réfugier après la traversée
du golfe de Gascogne (35 noeuds de SO depuis deux jours, grosse mer).
Tapia est un des premiers ports des Asturies quand on vient de l'ouest.
Une foule de personnes sont venues nous aider à nous amarrer
dans ce port pas prévu pour les voiliers, et par la suite les
pêcheurs ont été pleins d'attentions et d'amitié
pour nous. C'est à Tapia que nous avons dégusté
nos premières tapas et une superbe paella et que nous nous sommes
remis d'une navigation difficile dans un cadre "Espagne d'il y
a 30 ans".
Par contre à part en Juillet-Aout, le port n'est guère
abrité. Nous avions la chance d'être amarrés à
la place d'un chalutier qui, lui, n'avait pas voulu entrer dans Tapia
par un tel mauvais temps, et qui est resté plusieurs jours dans
un port plus abrité. C'est donc attaché par 4 amarres
grosses comme mon poignet qu'Askoy a résisté aux assauts
des courants et des marées de ce port. Nous allions et venions
entre le bateau et la terre dans une barque à rames qu'on nous
avait prêté. Cela avait un certain charme, je dois dire,
mais nous manquions de dextérité dans le maniement des
rames et plus d'une fois j'ai cru que nous allions nous faire emporter
au large par le courant !
La facilité avec laquelle les pêcheurs de Tapia se déplaçaient
sur leurs canots à rames n'a cessé de nous fasciner. Il
ne faut pas oublier qu'il y a quelques générations encore,
ces mêmes pêcheurs chassaient la baleine dans ces mêmes
petites barques, bien entendu à la rame!
Voici pour illustrer le temps que nous avons peu après notre
arrivée. A quelques heures près, nous y avions droit...
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RIBADEO
24 au 28 Septembre
Un port tout à fait correct, pas vraiment orienté tourisme.
La place à quai n'est pas chère (300 pesetas par nuit),
mais il n'y a pas de courant, et pour avoir de l'eau un employé
amène un tuyau pour faire le plein moyennant quelques pesetas
supplémentaires. Il y a une bonne marche (disons plutôt
une escalade) pour aller en ville, où l'on y trouve tout ce qu'il
faut, même un accès internet.
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28 Septembre au 5 Octobre
L'arrivée
en bateau à Vivero était magnifique. Il y avait 5 milles
à faire dans une "ria" bordée d'un relief valloné
couvert de pins. Ceux-ci poussent jusqu'au bord de l'eau à moins
qu'une plage de sable fin ne soit là pour les arrêter avant.
Cernée de forêts de pins, Vivero est une petite ville où
de très beaux anciens bâtiments côtoient des constructions
modernes moins heureuses... De nombreuses rues piétonnes offrent
toutes sortes de boutiques dont certaines semblent dater de l'époque
de Franco.
En hauteur de la ville, à peine à plus de 50 mètres
de la dernière maison, un paysage on ne peut plus suisse s'offre
à vous. Petit ruisseau qui vient alimenter le lavoir un peu plus
bas, vaches, chevaux, vieilles maisons en pierre, le tout entouré
d'une verdure luxuriante dégageant mille odeurs. Seules les nombreux
cris des mouettes vous rappellent que vous êtes bien dans un port
espagnol !
Tous les matins, en ouvrant le capot du bateau, nous étains
envahis par l'odeur des pins et la fraîcheur de l'air. Mais je
devrais aussi parler de la pelleteuse qui creuse la montagne juste à
côté pour permettre la construction d'un nouvel immeuble...
Le port, très récent, est bien conçu, et le prix
pour la nuit nous rappelait notre bonne vieille France... Mais Francisco,
le responsable du port, ne venait nous réclamer le loyer qu'un
jour sur deux...Quand nous avions des courses un peu encombrantes à
faire, il nous emmenait dans sa voiture, nous payait un café
en refusant catégoriquement qu'on en fasse autant ! Bref ce n'était
pas encore tout à fait l'esprit d'un port français...
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5 au 9 Octobre
Contrairement à tout ce que nous avons vu jusqu'ici en Espagne,
La Corogne est une ville harmonieuse dans son architecture. Aucun batiment
moderne ne vient troubler la régularité des vieilles rues
dont beaucoup sont piétonnes. Après nous être perdus
avec plaisir des heures durant dans ses rues très animées
et colorées, nous avons pris un verre au soleil dans une jolie
place isolée de la circulation et remplie d'enfants qui couraient
dans tous les sens. Un "paseo", promenade de 5 kilomètres
a été construit tout autour de la vieille ville et le long
de la côte. Cette avenue qui consacre plus de place aux piétons
et cyclistes qu'aux voitures, est longée par des lanternes rouges
d'inspiration Gaudi. Le trottoir plutôt que d'être recouvert
d'un triste ciment est fait de dalles de couleur comme souvent en Espagne.
Cette promenade vous emmène depuis le port au phare d'Hercule,
le plus vieux phare d'Europe, passe devant l'aquarium, longe des plages
magnifiques, quelques criques, puis revient en ville. 
Tous les jours, en allant en ville nous allions rendre visite aux chats
de la digue. A moitié sauvages, ils ne s'approchaient pas trop,
et nous n'avons jamais pu compter combien ils étaient à
vivre dans ces grosses pierres.
Tout est fait avec goût à La Corogne. Il n'y a pas de place
pour la monotonie. Partout des sculptures, jardins, fontaines, etc, apportent
une vie qu'il n'y a pas ailleurs. Dans un parc, nous avons vu un immense
calendrier complètement fait de fleurs ! Quotidiennement, un jardinier
doit replanter un nouveau chiffre, tous les mois un nouveau mois et ainsi
de suite.
La Corogne est également une bonne escale technique. De nombreux
magasins de pêche et de matériel de bateaux pour les garçons,
et des machines à laver pour les filles ! Il y a même un
Mac Do, c'est pour dire. Nous ne l'avons pas saccagé, mais nous
n'y avons pas mangé non plus pour marquer notre opposition à
la "mal bouffe".
Par contre le mouillage sur coffre très rouleur n'y voit rester
que les plus courageux. De jour, des excités vous passent à
côté à fond les ballons, puis se retournent pour admirer
avec une satisfaction évidente leur beau sillage qui secoue les
bateaux dans tous les sens, et de nuit les gros bateaux de pêche
sortent du port en vous faisant rouler d'un côté de la couchette
à l'autre...

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CAMARINAS
9 au 11 Octobre
Nous n'avons pas grand chose à dire sur ce petit port, si ce
n'est que de loin, il semblait y avoir une bonne marina, et le village
avait l'air joli. Nous, nous sommes allés droit vers une plage
où nous avons mouillé et la journée que nous y
avons passé reste un très bon souvenir. L'entrée
dans la ria était très musclée. Nous avons tout
d'un coup eu 36 noeuds de vents et une mer bien formée, juste
au moment où nous pension être à l'abri du cap...
Les nombreuses éoliennes sur le cap auraient dû nous indiquer
qu'il se passait quelque chose à cet endroit-là.
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MUROS
11 au 12 Octobre
Petit port tranquille dans lequel il faut mouiller l'ancre. Nous n'y
avons passé qu'une nuit bien à l'abri, mais plusieurs
bateaux nous ont dit qu'ils ont chassé par mauvais temps, même
avec 60 mètres de chaîne pour un bateau de 14 mètres.
Pas de douches ni d'infrastructure pour nous, donc nuit gratuite. Haaaa,
ça fait du bien !
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12 au 26 Octobre
Arriver à Bayona, ce 12 Octobre c'était arriver dans
la 4ème dimension. La brume épaisse dans laquelle nous
avions quitté Muros le matin enveloppait aussi le port de Bayona,
si bien que nous devinions plus que nous voyions la ville et les montagnes
autour. La vie semblait arrêtée puisqu'aucune voiture,
aucun passant ne circulaient à nos yeux. Sur la côte, une
grande vierge en pierre ressemblait à un fantôme. Seuls
les remparts d'une forteresse arrivaient à percer à travers
la brume, le monde autour n'était que de vagues formes blanchâtres,
ce qui donnait à la forteresse un air imposant et d'irréalité.
Quand il n'y a pas de brume et qu'il ne pleut pas (c'est à dire
pas souvent depuis que nous sommes ici...), il y a de belles ballades
à faire à bayona. La baie est magnifique, et le peu des
alentours de la ville que nous avons vu semble prometteur. Dans les
montagnes derrière Bayona, une route zigzague au milieu d'eucalyptus
parmi lesquels de petits chevaux broutent en liberté. C'est là
que nous avons revu la "Vierge fantôme" et appris qu'elle
s'appelle La Virgen de las Rocas, et qu'on peut "lui monter
à la tête" par un escalier interieur.
A notre arrivée à Bayona, nous avons mouillé l'ancre
pour la nuit mais n'y sommes pas restés à cause des nombreux
bateaux à moteur qui vont et viennent. De plus quand on est à
l'ancre ici, on doit payer 250 ptas pour une douche, et 200 ptas pour
prendre de l'eau au ponton... La place au ponton à cette époque
est de 1300 ptas pour un bateau jusqu'à 10 mètres. Ce
qui n'est pas cher puisque l'eau, l'électricité et les
douches sont compris. Il n'y a pas de catways le long des bateaux. On
amarre le bateau perpendiculaire au quai avec une pendille qui le tient
à l'arrière et deux amarres à l'avant face au quai
(ou l'inverse).
Monter et descendre du bateau par l'avant est un exercice qui demande
un peu d'agilité. Personne n'oubliait que l'eau était
à 13 degrés... Nous avions trouvé un truc qui marche
bien avec Ludo. Nous mettions chacun un pied sur une des amarres avant,
ce qui avait pour effet d'avancer le bateau vers le quai, et nous permettait
donc d'y prendre pied. Mais il ne fallait pas attendre ! Il y avait
un moment, à peine perceptible, où le bateau cessait d'avancer,
si on se ratait à ce moment, ou bien on repartait très
vite en arrière avec le bateau, ou bien on restait coincé
un pied sur le quai, un pied sur l'amarre faisant le grand écart
et incapable d'agir...
Les employés du port ne sont pas très accueillants, ils
ne font pas de cadeaux, et votre parole ne suffit par pour les convaincre
que vous avez payé plusieurs jours la veille, ils vous demanderont
le reçu pour vérifier. Quand j'en croisais un, je lui lançais
un "Ola !", avec le plus chaleureux de mes sourires. J'ai toujours
eu une réponse neutre voire froide, marmonnée entre les
dents. Ca se passait mieux avec le barman chez qui j'arrivais depuis peu
à décrocher des sourires, voire un début de conversation
hors contexte de notre relation barman-client. Mais on pouvait se consoler
de ce manque de chaleur humaine par une bonne douche puis une bière
dans le très joli club house.
Nous avons laissé quelques pesetas dans des magasins mi-shipshandlers,
mi-Norauto pour acheter une carte du Portugal (il n'y a pas beaucoup de
choix et elles sont relativement chères), du joint et un flotteur
de pompe de cale. Mais La Corogne est une bien meilleure escale technique.
En guise de photo de la ville, Ludo a eu une bonne idée. Il
a photographié une des cartes de prévision météo
avec une belle vue d'Irène, l'ex-cyclone qui nous a cloué
sur place pendant 2 semaines (voir ci-dessus). Jusqu'ici, il était
souvent question de "coups de vents" dans la météo
marine de France Inter. Depuis hier, on entend pareler de "tempêtes",
(bon d'accord, pourquoi pas, ça arrive), puis de "cyclones"
et d' "ouragans" !! là, ça fait drôle,
d'autant plus qu'ils parlent de vents de 120 noeuds.
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