
21 Aout - 7 Septembre 2002, et été 2003
25
miles seulement séparent Sal de Boa vista. Lors de cette petite
navigation par une belle journée sans vent, nous croisons d'énormes
tortues qui remontent laborieusement vers Sal. Comme elles sont comiques
! Leur façon de nager à la surface leur donne un air maladroit
et elles ne semblent pas beaucoup avancer malgré leurs efforts
! C'est autre chose quand elles nagent en pleine eau.
Une autre rencontre est celle avec une dorade coryphène qui mord
à notre ligne de traîne. Nous sommes dans tous nos états (surtout
moi...) Elle fait bien un mètre cinquante; magnifique, bleue
et jaune, sa présence fut éphémère...
Le temps de préparer la gaffe avec un crochet dessus, la dorade
sectionne le cable à un mètre du bateau et disparait,
emportant avec elle notre plus beau rapala, et nos rêves d'un
dîner exceptionnel... La leçon du jour fut d'être
prêts quand on a l'ambition de pêcher des gros poissons
!
Est-ce la perte de la dorade ou l'entrée dans un port avec, en
guise de carte, un dessin gribouillé sur une feuille
de cahier ? En tout cas, notre première impression en arrivant
à Sal Rey n'est pas des meilleures. Peut-être le bruit
de l'énorme groupe électrique qui tournait alors 24 heures sur
24, la vague odeur de chèvre qui nous parvient de terre et la
dangereuse présence de cailloux tout autour de nous y sont aussi
pour quelque chose... Personnellement, c'est la vue du passage d'un
convoi funéraire qui a fini de me saper le moral...
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Nous
n'avons cependant pas tardé à changer d'avis, une ballade
dans la ville et sur la plage qui longe la baie aussi immense que déserte
nous ont rendu le sourire. La ville de Sal Rey est calme, colorée,
avec des arbres dans les rues qui procurent une ombre bienfaitrice par
la chaleur actuelle. L'approvisionnement de l'île qui compte
moins de 4000 habitants, est sporatique. Les prix de certains aliments
font bondir. Par exemple la mangue à 10 francs pièce.
Tout comme à Sal, les gens sont acceuillants et souriants dès
qu'on se rapproche d'eux. Comme toujours, on nous prend pour des touristes
italiens...
Le soir des 35 ans de Ludo, nous nous sommes offerts de la langouste
pour dîner. C'était délicieux, mais la modeste taille
des langoustes dans notre plat, résultat de la surexploitation
de la pêche des langoustes, nous a un peu désenchanté.
Les pêcheurs de Boa Vista utilisent encore une voile latine sur leurs petits bateaux équipés néanmoins d'un
hors-bord. C'est sympa de les voir revenir de la pêche, car ils sont en général
au portant (vent venant de l'arrière). C'est quand même
mieux que le bruit des hors-bords ! Le hors-bord a certainement changé
leur vie, mais ça manque de poésie...
Pour
ce qui est des plages, puis-je sortir le cliché de la plage de
sable fin avec une mer turquoise juste à la bonne température
? Inutile d'en dire plus, les photos parlent pour elles-mêmes,
c'est pourquoi nous en mettons autant !
Pour les passionnés de plongée, il y a plus de 200 épaves
répertoriées autour de l'île, dont une au sud de
notre baie. On peut y voir un mât penché sur le côté
qui sort de l'eau, des cormorans y ont fait leur nid, et doivent y vivre
bien tranquilles ! Sauf quand des français arrivent sur leur
annexe pour explorer ce qu'il y a en dessous. Ceci dit, nous ne les
avons pas dérangés longtemps, ce jour-là un banc
de petites méduses avait envahit la baie dans sa totalité.
Jamais je n'ai vu Ludo remonter dans l'annexe aussi vite !
Qu'à cela ne tienne, nous troquons nos combinaisons de plongée
pour un appareil photo et des sandales, et nous partons découvrir
Rabil, une petite ville au sud de la baie. Boa Vista a été
décrite comme "un morceau de désert posé sur
l'océan". En effet, le sable est partout ! Formant des dunes
le long de la plage, recouvrant les routes, et tout ce qui n'est pas
entretenu. Les jours un peu couverts sont une bénédiction
pour les photographes, il y a un jeu d'ombres et de lumières
dans les paysages qui en accentuent encore plus la beauté. Ce
jour-là, nous avons parcouru la plage pendant une heure et demie
sans croiser personne. Arrivés aux ruines de l'ancienne fabrique de briques,
nous bifurquons vers l'interieur en direction de Rabil. En ville, un
groupe de musiciens répète un morceau pas très
capverdien, peut-être en vue du festival de musique à venir.
Nous prenons un verre dans un des très typiques petits commerces
où l'on sert à boire en même temps que l'on vend
des articles ménagers et de l'alimentation, puis, l'aluger étant
trop cher (prix pour touristes), nous avons fait du stop sans problème
pour rentrer à Sal Rey. Ceci dit, ca secouait un peu à
l'arrière du pick-up pas prévu pour des passagers, attention
aux fesses delicates !
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Le conseil de Ludo : si vous voulez profiter du Cap Vert dans
son authenticité, faites-le maintenant. Les européens
(surtout des italtiens) sont en train de tout acheter, ce qui va sûrement
modifier "légèrement" le paysage d'ici peu...
Ceux qui ne peuvent pas venir en bateau peuvent se rabattre sur TACV, la compagnie aérienne Capverdienne. Elle offre des vols directs Paris-Cap
Vert ! Mais pour voir plus d'une île, prévoyez un séjour
d'au moins 3 semaines. Les liaisons entre les îles sont ou chères
par avion, ou lentes et réservent quelques surprises par bateau.
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