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La bien nommée "Ile aux épices" n'a pas fini
de nous enchanter...
Je me demande si on se lassera de trébucher sur les noix de muscade
encore vêtues de leur joli habit rouge, et de ramasser des mangues
à tour de bras. Marchant le long de cacaotiers arborant leurs
fruits aux tons variés, il n'est pas rare de ramasser quelques
oranges, bananes, et bientôt des avocats !
Ici, une forêt pour marcher, là, une plage pour nager et
déjeuner à l'ombre ; entre les deux, des cascades, des
plantations de cacao, canne à sucre, noix de muscade, et les
fabriques et distilleries qui les transforment en de bonnes choses...
Toutes les routes que nous avons parcourues étaient aussi défoncées
les unes que les autres, mais également bordées de sourires.
Depuis la voiture comme à pied, nous sommes pris d'une envie
irrépréssible de saluer tout le monde ; la réponse
est toujours amicale. Ces petits échanges furtifs d'amitié
nous remplissent de joie. Notre bonheur aurait été total,
ne serait-ce pour les moustiques qui nous arrivaient dessus en bataillons
formés ! Le champ de bataille privilégié étant
nos jambes, les dégâts constatés en fin de journée
ne s'élevaient jamais à moins de 10 à 15 nouveaux
impacts.
Arrivée Juin 2004
La descente depuis la Martinique a été un
rêve tout le long. Ca arrive ! Et cette fois-ci, nous avons pêché
deux poissons. Le premier, un baraccuda de taille raisonnable a perdu
beaucoup de son intérêt quand, quelques heures après,
un énorme thazard a mordu. Juste à l'entrée de
Tyrrel bay, à Carriacou, nous passons à côté
d'une petite barque de pêche. Nous échangons des salutations
avec ses occupants, quand "tac, tac, tac !", notre canne à
pêche se bande de façon impressionnante. Un peux honteux
face aux pêcheurs qui semblaient avoir moins de chance que nous,
nous nous écartons un peu avant de sortir la prise.
"Mais, c'est énorme !"
Ludo bataille pour approcher l'animal du bateau afin de lui planter
le crochet dans les ouies. Ce n'est pas un spectacle pour les âmes
sensibles. Il faut croire que j'ai fait du chemin depuis cette première
bonite que je n'avais pas pu manger au Portugal il y a des années
de cela... Aujourd'hui, je participe à la pêche avec enthousisame.
J'ai fait ma thérapie aux Canaries, où je me suis dit
qu'après tout, le poisson au bout de la ligne n'est là
que parcequ'il a croqué notre rapala en croyant que c'était
un poisson. Nous sommes juste le prédateur suivant dans la chaîne
de l'alimentation...
Enfin le voici bien accroché. Ludo le hisse à bord. Avant
qu'il ait eu le temps de dire "bulles", nous injectons
une bonne dose de rhum JM dans les ouies du thazard. Immédiatement,
on voit son corps se détendre dans un soupir (le mien sûrement,
car je préfère tout de même ne pas les faire souffrir...).
Diagnostique : Mort de coma éthilique. C'est mieux que les coups
de manivelle de winch sur la tête ! Mais attention, ça
ne marche pas avec tous les poissons ! Ne faites pas ça avec
un thon ou une bonite, ça ne marche pas du tout, bien au contraire,
je sais de quoi je parle...
Bref, le thazard fait dans les 10 kilos. Distribution de poisson faite
dans le mouillage, nous en avons encore pour trois repas. Cru, au barcecue,
puis en sauce. IL ne sera pas mort pour rien, celui-là !
Le passage d'une onde tropicale nous force à rester un jour plus
à Carriacou alors que Nicole, la mère de Ludo nous attend
déjà à Grenade. Elle profite de notre retard pour
se reposer et dormir de longues nuits, mais il faudrait tout de même
que nous arrivions avant qu'elle ne se transforme en Belle au Bois Dormant
!

Askoy au mouillage du "Lagoon" à Saint
George's
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Nous arrivons enfin un vendredi soir au "Lagoon", le mouillage
très abrité de Saint George's. Arrive un monsieur sur
une annexe à rames. Il se présente comme s'appellant "Jules",
et nous propose un très beau pavillon de Grenade cousu main.
Nous le prenons sans hésiter. A côté des horreurs
imprimées qu'on achète chez les shipshandlers au même
prix, y'a pas photo ! En plus il est bien sympa le Jules. Nous discutons
souvent avec lui quand il fait son tour du mouillage. Nous sommes parfois
horrifiés face à l'accueil que lui réservent certains
bateaux. Les gens peuvent être d'une grossièreté
! Ce n'est pourtant pas difficile de dire "non merci, ca ne m'interesse
pas". Au lieu de ca, alors que Jules était à côté
de leur bateau et les appelait, ils lui tournaient le dos, faisant semblant
de ne pas l'entendre. Jules est un gars discret, il n'a pas insisté.
Ce n'est que quand il a été suffisamment éloigné
qu'ils l'ont regardé, rassurés. Il y a des baffes qui
se perdent, et j'ai eu honte de voir que c'étaient des francais.
Tous les jours, nous laissons notre annexe au Club Nautique où
règne une ambiance bon enfant, et partons rejoindre Nicole à
son hotel "La Sagesse", un véritable havre de paix
très propice au repos et à la méditation. De là,
chaussés de bonnes chaussures et armés de toute la gamme
de produits anti-moustiques inventés à ce jour, nous partons
en expé dans l'île. Chaque jour s'est accompli un miracle
: notre voiture de location était encore en une seule pièce
en fin de journée. Avec une moyenne de presque cent kilomètres
par jour à tomber dans des trous - non, des cratères -
rebondir sur des ralentisseurs invisibles, se poser sur le bas de caisse
à en faire presque balancoire, elle a gardé ses quatre
roues et le moteur en place. Ludo a tout de même eu un gros furoncle
aux fesses, mais ce n'est que justice, pour une raison inconnue, les
moustiques l'ont toujours épargné alors Nicole et moi
comptions une quinzaine de nouvelles piqûres chaque jour !
Voici quelques unes parmi les nombreuses choses que nous avons découvert
à Grenade :
- LA FABRICATION DU CHOCOLAT(par quoi d'autre pouvais-je commencer
?)
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Faut pas croire, il s'en passe des choses pour passer du fruit à
la tablette ! Au "Belmont Estate", une plantation de cacao
et canne à sucre, nous avons suivi le processus de préparation
des grains de cacao ; fermentation, séchage au soleil, polissage,
pelage.
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Puis à la fabrique de chocolat, le miracle s'accomplit : les
grains sont passés au four, broyés, puis fondus avec du
sucre (c'est là que c'est le plus beau, imaginez une grande cuve
dans laquelle des kilos de chocolat fondus se font touiller, doucement,
longtemps..., on s'y baignerait !). la pâte sera maintenue dans
un cylindre à une température bien précise pendant
24 heures, puis enfin elle sera coulée dans des petits moules.
Des notre arrivée, l'odeur de chocolat qui flotte autour de la
petite fabrique nous a collé un sourire d'enfant sur le visage,
le même que nous avions en sortant, chacun avec un morceau de
chocolat qui fondait dans la bouche...
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- LES CASCADES
Ce n'est pas ça qui manque à grenade ! Après des
années sur l'eau salée, on apprécie vraiment une
baignade dans de l'eau douce, surtout quand c'est au milieu d'une végétation
où se bousculent arbres fruitiers, fleurs, plantes grimpantes,
plantes tombantes, palmiers, etc.
Un coup de chapeau à Nicole, qui nous a courageusement suivi
dans une marche jusqu'à une cascade qui s'est révélée
un peu plus loin que prévu et pleine de surprises : torrents
à franchir, terrains de boue à traverser, escalade...
Il ne manquait que le pont en bambou à moitié effondré
pour couronner le tout !
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-
SAINT GEORGE'S
Cette petite ville pleine d'activité a beaucop de charme. Les
rues montent, descendent, s'emmêlent comme une pelote de laine.
Les voitures s'y faufilent comme elles peuvent en prenant garde de ne
pas tomber dans les profondes gorges qui bordent les rues pour premettre
à l'eau de pluie de s'écouler. Quand à nous, les
piétons, nous faisons de notre mieux pour circuler dans des rues
souvent sans trottoir...
Un très joli marché très encombré rassemble
tout ce que l'île à a offrir comme fruits, plantes, artisanat.
Les rues alentour sont parsemées de petits stands vendant épis
de mais grillés, musique rasta, casquettes et autres accesssoires,
boissons fraîches...
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- LES FLEURS
Elles sont si nombreuses et variées qu'elles méritent
un chapitre pour elles-seules ! Mais ce coup-ci, je laisse parler les
photos...
  

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On ne peut pas dire que notre séjour aux Antilles
nous ait enchanté, notamment à cause de l'aspect artificiel
de beaucoup d'endroits, le coût de la vie, les paperasseries interminables,
et les mouillages encombrés. En fait notre coeur est resté
au Cap Vert, mais comme toujours il fallait partir pour s'en rendre
compte.Mais tout cela sera oublié dans quelques temps, ne resteront
dans nos mémoires que les lieux préservés qui existent
encore et que nous avons eu la chance de voir. Charlotteville à
Tobago et l'île de Grenade en font partie.
He bien voilà. Dans quelques jours, Askoy va
être mis au sec pour quelques mois dans un chantier. Quand à
nous, nous rentrons en France pour travailler (ça devait arriver...),
et fomenter des nouveaux plans pour les années à venir,
sachant qu'ils inclueront forcément bateau, mer et voyage. On
vous tiendra au courant !
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La Barbade - Tobago
- Grenadines, Sainte Lucie - Martinique
- Grenade
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